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Histoires courtes

Histoires courtes

Bidaia poetikoa

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Aita

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ze eder den bizian aita izaiten

Egunero zuri maitasuna emaiten

Mozkortuz zure haur irriak edaten

Nere besoetan zitutenean babesten

Iragan dira orduak ezin geldi jolasten

 

Ez ditut beti aurkitu hitzak

Goxatzeko zure haur ametsak

Ez ditut beti ezagutu jestuak

Sendatzeko zure haur zauriak

Alta eskaini dizkuzut bizi urratsak

 

Gure desberdintasunekin

Gure nigarrekin baita irriekin

Tarteka gure isiltasun hitzekin

Gure bi bihotzek bat egitearekin

Handitu gira bata-bestearen altxorrarekin

 

Miraila bat bezala didazu bidaltzen

Zure begietan nereak ditut ikusten

Zure zainetan nere odola isurtzen

Zure ametsetan nereak bideratzen

Gure eskuetan maitasuna loratzen

 

Orain eraiki seme zure bidea

Ideki beldur gabe zure horrialdea

Nere gorputz, bihotza zurean gordea

Gure baitan baita aita seme odol senidea

Zoaz eta ez ahantz gure maitasuna ordea

Ne tentez pas de me comprendre

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ne me cherchez pas,

Je suis sous un autre soleil.

Ne venez pas à ma poursuite,

Je suis déjà trop loin pour vous.

Ne scrutez pas au loin l’horizon,

Il ne vous dira rien qui vaille.

Ne puisez pas dans le grenier de mon passé,

Je ne suis que le présent éphémère.

Ne m’épiez pas dans vos miroirs,

Le reflet pourrait vous brûler.

Ne sortez pas vos couteaux,

Je suis plus dur que l’écorce d’un arbre.

Ne tentez pas de me comprendre,

Nous n’avons pas le même livre.

Ne déterrez pas mes cadavres,

Leurs os ont blanchi depuis des siècles.

N’imaginez pas des histoires à dormir debout,

Je suis le contraire d’un conte de fée.

N’écrivez rien de mon âme,

Les mots s’estomperaient dans la brume.

Un petit caddy

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’était un petit caddy qui avait commencé sa jeune vie,

sur un parking de supermarché où il avait bien servi,

dans les allées des rayons, il avait si souvent assouvi,

la soif de consommation, chargé comme une mule asservi.

 

On le rangeait bien à l’abri dans ce parking, enfilé à ses copains,

Avec sa petite chainette il s’enchaînait comme un concubin

Avec sa petite fente à jeton des inconnus devenaient sanguins

Il attendait là sagement qu’il vente ou qu’il pleuve des citadins.

 

Avec le temps il a vieilli, il ne roule plus droit, il est bancale,

On l’a exclu de l’abri, il a accepté son triste sort sans scandale,

Dans cette société, pour les caddys, il n’y a pas de défense syndicale,

C’est la rouille, l’oubli dans un coin du parking et la déchéance radicale.

 

Ce matin avec sa roue déglinguée il est ressorti du fin fond du caniveau,

Une main inconnue l’a pris, une main de misère, non ! ce n’est pas un prévôt.

C’est un plus vieux que lui, en guenille, et pas sûr qu’il ait tout son cerveau,

il le sait ils iront dans cette détresse hivers comme été par mont par vaux.

C’était le temps d’une jeunesse

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’était le temps d’une jeunesse,

qui rêvait de liberté
et d’indépendance.
Qui n’avait plus honte d’être
de cette terre, de cette culture.
Une jeunesse qui refusait
le bétonnage de nos côtes,
la mort lente d’une langue.

Une jeunesse qui se levait

pour crier «Le peuple doit vivre !»
Une jeunesse qui, la nuit venue,
sur les murs taguait,
deux lettres qui s’embrasaient
et redonnaient l’espoir,
à toute une génération.
C’était le temps de la guérilla,
le temps de la cavale,
le temps de la révolte.
Le pays n’était pas à vendre,
alors les nuits étaient bleues.

 

C’était le temps d’une jeunesse
qu’on assassine.
C’était des années de plomb,
leurs photos placardées,
sur des avis de recherche.
Le temps des arrestations,

des évasions,
de la déportation loin du pays.
Le ciel à travers les barreaux,
Le bruit des clés des matons
et la solitude du mitard.
A la sortie de prison,
L’exil, l’assignation.
Dans la ville des lumières,

où ailleurs.


C’était il n’y a pas si longtemps.

Les temps ont changé
mais l’idéal, le rêve

De cette jeunesse
aujourd’hui encore
Est toujours vivant.

Un clown triste

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque tu as lâché les amarres

Pour prendre le large

Mettre les voiles

Je me suis échoué.

Dans ce naufrage

Je suis le fantôme

D’une armée de l’ombre

Avec mes sanglots longs

D’une langueur monotone.

Non, mon amour

Ce n’est pas ton bateau

Qui est ivre

C’est moi qui sombre

Qui dérive dans l’alcool.

C’est Venise qui se noie

Dans mes larmes.

 

Putain ! que c’est con

Un clown triste.

Lorsque ruisselle

Sur sa joue trop blanche

Un ruisseau en perdition.

 

Dans le fracas du vide

La terre se fissure

Au fond de mon âme.

Le vent t’emporte au loin,

Et moi, j’ai tout perdu

La bataille

Et la guerre aussi.

Depuis que tu n’es plus là

Mon fleuve de larmes se déverse

dans un océan de détresse

Avec son radeau de la méduse.

Et le cimetière des amours mortes

Est un terrain vague où je me perds.

 

Alors le clown triste

Va s’asseoir sur un banc

Et dans ce siècle de morts

Je vais les rejoindre.

Tout noir, ou tout blanc

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

On me dit, que c’est tout noir ou tout blanc !

Mais entre les deux,

N’y a-t-il pas une multitude de couleurs ?

Des teintes et des nuances ?

Sous la pluie

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui, une pluie de mai

coule sur les trottoirs, et je me dis …

J’aimerais me balader sous la pluie avec vous

Sans personne d’autre que vous à l'horizon.

Seuls au beau milieu de la rue

Un sourire rêveur sur les lèvres

Une étincelle au fond des yeux

On ressemblerait à des enfants

S'amusant à virevolter sous la pluie,

Derrière leur fenêtre

Les gens nous regarderaient bizarrement

Mais peu nous importeraient,

Seuls au milieu de la rue le monde nous appartiendrait

Nos éclats de rire couvriraient le bruit de la pluie,

La pluie couvrirait nos mots délicatement chuchotés.

Aire de repos / pausaleku bat

Ttotte Etxebeste —

Mon cœur n'est pas une aire de repos,

J'ai donc tracé autour de lui,

Des rues, des avenues

Des chemins non balisés

Je vous le dis…

Mes sentiments sont en perpétuel mouvement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nere bihotza ez da pausaleku bat

Bere inguruan margotu ditut

Kaleak, hiribideak

Seinale gabeko bidexkak

Horrela da…

Nere sentimentuak ezin geldi,

ibilkari dira.

 

Aker beltza

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nere baitan begiratzen dutanean

Mirailaren beste aldean

Iduri du mila urte dituztela

Lanbroaz josia daukat bizia

Bat-batean gogoratzen naiz

Iduzkitsu nitzenean

Udaberri betean

Munduaz gosetua

Beste garai batean

Beste leku batean

Beste bizi batean

Beste ni bat nizenean

 

Eta gaur

Aker beltz batek

botatzen daut bere begirada hotza

galdetuz ez nagoen jadanik hila ?

 

Eraikitzen ditugu

hareazko gazteluak

itsas mareak erematen dituenak

Maitasun poesiak idazten ditugu

arbol enborretan

lehen ekaitzak lurperatzen dituenak

Amestu dugu amodia sua dela

bainan euri zaparradak

suak itzaltzen ditu

Askatasun bila galdutako haurrak gira

iraultzarik ez baita ardi artaldean

Izar gorriak margotu ditugu

eta denbora iraganak histu ditu

Entseiatzen gira guhaur izaiten

Entseiatzen gira haizea entzuten

Ez ezer iraganaz ahazten

Bihotz, gorputz eskaintzen

Zauriak gorde atxikitzen

Baina azkenean dena da zimurtzen

 

Eta gaur

Aker beltz batek

botatzen daut bere begirada hotza

galdetuz ez nagoen jadanik hila ?

 

Bide bazterrean jarririk aitona zahar bat

Ni ote naiz oraindik zaharrago ?

Edo zu ?

Jour d'élection

Ttotte Etxebeste —

Je me suis réveillé ce matin avec cette ferme motivation du guerrier, que je devais accomplir mon devoir de citoyen libre. Décidé j’ai pris ma douche, là je vous passe les détails ! Les écolos ne se présentant pas j’ai pris la voiture direction le bureau de vote. Sur le chemin, j’ai été étourdi par le chant d’un merle, je me suis arrêté, après tout j’ai la journée pour voter. Je me suis laissé emporter par sa mélodie, à ces poètes, des vrais cœurs d’artichaut ! Le temps s’écoulant, je crois que je me suis endormi sur l’herbe.

 

Je me suis ressaisi, le devoir m’appelle, je reprends la route. Ne voila t’il pas que l’amitié me prend par le bras pour aller prendre un verre, un verre ce n’est rien, un verre c’est vite pris ! Mais l’amitié ça s’entretient, c’est sacrée, donc il faut plus d’un verre ! L’amitié c’est infernale ça vous fait tourner la tête ! La mienne m’a même saoulé !

 

Quand on est un vrai citoyen rien ne vous arrête ! Quand il faut y aller, il faut y aller ! Me voilà reparti, mais ou ai-je garé la voiture sacré nom de dieu ! Je vous promets quand l’amitié vous saoule il est très difficile de retrouver une voiture garée, c’est comme si elle avait décidée de jouer à cache, cache avec vous. Satanée automobile ! Ce n’est pas le moment de me faire courir dans tous les sens ! En fait elle s’était garée deux rues plus hautes, on s’est tout de même retrouvé c’est l’essentiel ! Les clés, où sont les clés ? Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ! Comme les poches sont profondes après quelques verres avec l’amitié !

 

La détermination à accomplir mon devoir étant inébranlable, je poursuis mon périple, à pas ferme et déterminé je m’approche du but, les mains moites, le cœur battant je me précipite, je vais le faire, je vais accomplir mon devoir ! Une fois le bulletin déposé dans l’urne je suis parti serein et fier comme un pape.

 

Mais depuis je ne sais pas pourquoi j’ai un trou ! Un vide sidéral qu’ai-je fait ? Le doute m’a assailli, un vertige phénoménal ce lieu ne ressemble pas à un bureau de vote ! Merde je crois que j’ai voté aux toilettes publiques ! Et merde ! Pour une fois que j’étais décidé !

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