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Histoires courtes

Histoires courtes

Bidaia poetikoa

Quand la vie...

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand la vie est un socle

Écrasant de questions

Une machine impossible

A remonter dans le temps

Qui se perd dans l’abîme.

Qu’importe…

Récolte ce qu’il faut d’amour

Puisque tu dois vivre

Sans oublier de mettre

Ce qu’il faut de révolte

Sans jamais te soumettre

Sans oublier de mettre

Ni le poivre ni le sel

Les jours de pluie, d’orage

Ni le sucre ni le miel

Les jours d’espoir, de courage

Et surtout n’oublie pas

D’où tu viens

Et si ton poing se brise

Sous le chagrin

Trace ton chemin

Marche le long de ta vie

Comme dans un jeu de quilles

Avance tête haute

Libre, insoumis

Marche jusqu'à la fin

Puisque la vie

Est éphémère

Ne t’abandonne pas

A la haine qui détruit

Ne te perd pas

Dans les broussailles

De la peur

Cherche la flamme

Qui allège l’âme

La chaleur

D’une main qui se tend.

Avance toujours debout

Comme un cheval andalou

Dresse-toi

Les poings serrés

S’il le faut…

Et vis ! 

Ma solitude et moi

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma solitude et moi

Nous ne nous quittons plus

Liés l’un à l’autre

Cousus à la même peau.

Les rues des villes

Nous absorbent

Et nous rendent

Transparents.

Nous marchons

Dans des pas perdus

Qui ne mènent nulle part.

Je ne sais plus

si c’est le poids

de ma solitude

qui me fait me courber

ou si c’est moi qui tombe.

Il n’y a plus que les nuages

Sombres et gris

Qui nous caressent.

Je me jetterais bien

Dans un précipice

Pour voir

Lequel de nous deux

Plongerait le plus vite ?

Je crois plutôt

Qu’on va aller se saouler

Et nous perdre

Dans un bar enfumé

Ma solitude et moi.

Nire bakardadea eta biok

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nire bakardadea eta biok

Ez gara elkar uzten

Bat-besteari lotua

Larru berdinean josia.

Hirietako kaleek

Ez gaituzte ikusten

Ez gara gehiago hor.

Urrats galduen bideetan

Gabiltza gu biok.

Bere pisuak dit

Gorputza makurtzen ?

Edo ni naiz ari erortzen ?

Laino beltzek

Gaituzte laztatzen

Gau beltzetan.

Amildegi baten hutsera

Botako nuke nere burua

Ikusteko zinez

Zein eraisten den lehenik

Nire bakardadea edo ni ?

Anartean bera eta biok

Tarbena ketsu batean

Alkoolaren zorabioan

Galduko gira.

demoiselle

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est une demoiselle

Vous savez bien, celle

Qui vous donne des ailes

Et le cœur  hirondelle.

Une île

Ttotte Etxebeste —

C’est une montagne surgissant au milieu de la mer, illuminée par un soleil levant. Elle s’élève seule au milieu des eaux dans une fierté majestueuse. Elle s’impose de roc et de sable au milieu de la méditerranée. Que vous la survoliez ou que vous l’abordiez par la mer, elle vous submerge d’émotions. A la seconde où je l’ai découverte, j’ai compris pourquoi on lui avait donné le nom de « l’Ile de beauté » ! Mais en vérité, elle est bien plus qu’île de beauté, elle est une île rebelle ! Elle a encore les vestiges de ses tours génoises qui montent la garde, défendant les côtes de l’arrivée de nouveaux envahisseurs.

 

J’ai pris ses routes sinueuses pour la parcourir, pour humer son air, j’ai été subjugué par sa beauté sauvage.  Sa rudesse est visible dans chaque rocher et dans chaque défilé. Les paysages sont empreints d’histoires et de mystère. Il y a dans les couleurs, dans les parfums, quelque chose de profond, de fort et de beau à la fois.

 

Dans les villages que j’ai traversés, les maisons aux volets clos parlent d’un pays silencieux. Les murs sont gravés par les drames d’hier et d’aujourd’hui, par les drames d’un peuple, mille fois bafoué, assassiné et pourtant toujours debout. Les vieilles sans âge, toute de noire vêtue, ressemblent étrangement aux vieilles sans âge de chez moi. Elles sont la mémoire vivante, la transmission orale d’un peuple de bergers. Depuis les premiers arrivants de Filitosa à Pascal Paoli en passant par Ghjuva Batti Acquaviva, ce peuple a forgé son histoire et son destin. Il vous suffit de regarder ces paysages, ces hommes et ces femmes pour comprendre que ce peuple ne sera jamais soumis ! Il y a en lui, la détermination, un attachement invisible que rien ni personne ne pourra asservir.

 

Le maquis. Ce mot sonne comme une chanson de résistance. Il a une senteur de lavande, de ciste, de genêts et d’hélichryses immortelles qui vous imprègnent. Vous comprendrez pourquoi un vieil empereur que je ne nommerai pas ici, a dit qu'il serait en mesure de reconnaître son île natale à sa seule odeur. L’âme Corse est dans ces maquis, il n’y a pas de doute. Elle est île d’oliviers, de bruyères, de forêts de châtaigniers, de chênes et de mandariniers. Sur les flancs des rochers s’accrochent des nopals comme suspendus dans le temps et sur les plages fleurissent des figues marines qui embaument la méditerranée.

 

C’est un peuple qui chante beaucoup plus ses drames que ses joies, qui ne danse pas mais qui porte le poids de son histoire. Ce peuple, on le dit fermé, mais, celui qui sait l’écouter, le comprendre et le respecter, découvrira alors un peuple au grand cœur.

Gona arinak

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Udako iduzkiak

kolorez bete ditu

Bizi, arimak.

Ostatu terrazak

galkatu dira.

Aire epela

Fereka dabil

Gure larru azala.

Kaleetan emazteek

Beren gona arinak

Haizeak dantzan

Ezartzen ditu.

Mutilen begiek

Zorabilatuz.

Nesken gona arinek

Mundua itzulika

Betidanik darabilate.

Udarekin gona arinen

Soka dantza dugu.

 

Eta zu…

zure gona arinarekin

Belarrean luzatzen

Zarenean gorputza

Iduzkiari eskainia.

Nere bihotza

Sukarrez ezartzen duzu.

Nere eskuak

zure gonaren azpian

zure irriñoarekin

bidaiatzen

gomitatzen dizkidazunean

Udako zure gona arinarekin.

les robes légères

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le soleil d’été colore,

nos âmes légères.

Les terrasses des cafés,

se remplissent de rire.

l’air chaud,

Caresse nos peaux.

Le teint est au cuivré,

Au goût salé de la mer.

Les femmes défilent

en robes légères.

Que le vent

Fait danser.

Elles font

Tourner la tête

des hommes.

Les robes légères

Ont toujours

Fait tourner le monde.

L’été nous joue

la farandole

Des robes légères.

 

Et toi, lorsque tu t’allonges

Sur l’herbe avec ta robe légère

Ton corps offert

Aux caresses du soleil.

Tu mets mon cœur

En alerte canicule.

Quand tu invites mes mains

A un voyage

Sous ta robe légère

Tu m’envoûtes !

Iduzkia hil da

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Piztu zinuen iduzkia

Gaur hiltzen ari da.

Bere pindarrek

Ez dute gehiago erretzen

Argi xoragarri hura

Desegin da.

Laino beltzak agertu zaizkit,

zure begietan.

Ez dut gehiago ikusten

zure dirdira.

Zure bihotz itsasbazterra

hustu du korrika

Ekaitza gaizto horrek.

Iduzkia gaur hiltzen ari da.

Etorkizunak ihes egin du

nere irribarretik.

Nere eskuek

Zureak xekatzen dituzte debaldetan.

Haize hotzak hotzikara sartu daut

Haize hotza ote da ?

Edo zure hutsa ?

Udaberriko txoriak isildu dira

Zu isildu zarenean

Neguko izotzak dena ingurutu du

Malkoek iduzkia gaur hil dute.

Suak ez du gehiago berotzen

Tristurak ez baitu berotasunik.

Gaur arratsean nigarrez nago

Piztu zinuen iduzkia hil duzulako

Dena beltz eta hotz delako.

Banoa  ezer gabe nere bizitik

Hemen ez dago iduzkirik.

Ez etorri

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ez etorri nere bila

Ez nauzue aurkituko

Beste iduzki baten pean nago.

Ez nere ondotik segitu

Zuengandik jadanik,

aspaldetik urrun ihes egin dut.

Ez zerumuga arakatu

Ez dizue ezer onik errango

Eta ez dauka nere berririk.

Ez xekatu iraganeko selauruan

Sunsikorrra naiz, iragan gabe.

Ez zelatatu zuen ispiluetan

Isladek erreko zaituzte.

Ez atera zuen ganitak

Zuhaitz zaharraren

Oskola baino gogorrago naiz.

Ez saiatu ulertzen ezin duzue

Ez dugu bizi liburu berdina.

Ez zilotik atera hilotz gorputzak

Beren ezurrak xurituak dira

Mende ilun luzeetatik.

Ez galdegin eskumarreri

Zer dioten nitaz

Kolpe txarrek desegin dituzte.

Ez imajinatu lo gabeko ipuinak

Ez naiz haurren ipuin amesgarria.

Ez idatzi nere arimaz

Hitzak desagertuko dira

Lanbroaren izotzan.

Vague

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vague à l’âme

Vague infâme

Vague de brume

Vague amertume

Vague de larmes

Vague alarme

Vague anathème

Vague dilemme

Vague abîme

Vague ultime

Tout est vague

Quand tout tangue

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