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Histoires courtes

Histoires courtes

Bidaia poetikoa

Des mots à dire

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les mots à dire

Ceux à écrire

Des pages à noircir

Sans pudeur, se dévêtir.

 

Des histoires à bâtir,

Des vérités à rétablir,

Sans rien bannir.

Des rêves à ne pas trahir,

Jusqu'aux larmes se tarir.

 

Le cœur à adoucir,

Sans vouloir le ternir,

Ecrire des navires,

Des songes d’avenir.

 

Les âmes à envahir,

A faire frissonner de désir

De proses à défaillir.

Mot à mot gravir,

Le sujet à jaillir.

 

Les mots à dire,

Ceux à écrire,

Des pages à noircir,

Avant de partir.

Vide

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une chaise vide, dans une pièce vide.
Dans un monde vide de sens.

Ne me quitte pas

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tu as enseveli ma carcasse

Au bord de la falaise

Quand tu m’as dit

Que nous ne prendrions plus

Le même ascenseur

Pour le septième ciel.

 

Depuis, je ne suis qu’une épave

Qui se noie dans les caniveaux.

Je n’ai pas vu venir cette déferlante.

Te souviens-tu ? Tu me disais, 

Que nous avions atteint le piédestal

Et tu te tires pour que dalle.

Pour t’abandonner corps offert

A d’autres hommes, d’autres lits.

Et moi je dérive au fond des comptoirs 

Comme une bête qui va à l’abattoir.
 

On n’a pas su garder la distance.

Quand le soleil se casse, 

Et que la nuit prend sa place.

C’est dingue comme j’ai froid,

Ta chaleur ne me réchauffe plus.

 

Oui, je sais, j’ai encore bu !

Mon amour, mon amazone

Arrête ton cirque et reviens !

On réapprendra à rêver,

J’arrêterai de faire le con,

J’te promets pour de bon.

Allez, reviens on va remettre

Les compteurs à zéro.

 

Tu vois, je cause tout seul,

Toi tu es loin, dans un autre train

Qui vers cet inconnu t’entraine.

Dis-moi ? Vois-tu le printemps

De là ou tu es?

Moi d’ici, je ne vois plus rien

Même pas  l’hiver.

Je ne vois qu’un trou noir !

 

Les yeux rougis

De détresse et de colère.

Je trébuche dans les ordures

De mon cœur que tu tortures.

T’es-tu aperçue qu’en partant

Tu m’as éteint l’espoir ?

Si tu savais comme

Je me sens fatigué.

Le silence est si lourd

Que je rêve d’un revolver.

 

Bordel où es-tu ?

Ne me laisse pas dans cette dérive

Dépêche-toi, arrive !

N’entends-tu pas

Dans cette déchirure,

Que j’ai du Brel qui résonne ?

Ne me quitte pas,

Laisse-moi devenir l’ombre de ton ombre,

L’ombre de ta main,

L’ombre de ton chien.

Humain

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Humain  qu’as-tu fait ?

De ton humanité !

De cette singularité.

Où vas-tu ainsi ?

De certitudes aveuglées

Dans ce ghetto piégé.

Où sont tes rêves ?

Ceux de ton enfance

Les as-tu aussi assassinés ?

Les as-tu à ce point déracinés?

Humain as-tu oublié

Pourquoi au cœur de l’Afrique

Un jour tu  t’es mis debout ?

Ce n’était pas pour vivre à genoux !

Humain tu es seul

Tu n’as plus une seule main

A laquelle t’accrocher dans cet abime !

Perdu dans d’inutiles fanatismes.

A quoi te sert ton savoir ?

Tu ne sais plus que brûler

Et sombrer dans l’ignorance

Tu détruis ta propre survivance.

Réveille-toi, redresse-toi !

Il n’est peut-être pas trop tard

Pour t’offrir un nouveau départ

Redeviens ce que tu es ! Humain !

Retrouve ton esprit rebelle et mutin

Pour la sauvegarde de ta planète.

Différent

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On le dit différent, 
Même souvent lent.
Il a son tempérament, 
Ce n'est qu'un enfant.

On voudrait l'intégrer,
Lui voudrait juste voler. 
Pour encore un peu rêver,
Ne plus être en différé.

Il ne sait pas trop courir, 
Même pas un mot, écrire. 
Du geste, il sait parcourir 
Nos cœurs perdus et rire.

Pourquoi devrait-il,
Être attaché à un fil ?
Alors qu'il est une île, 
Au doux regard subtil.

Il est dans son monde,
Lentement, il vagabonde.
Chaque jour nous inonde,
D'une émotion profonde.

 

Certains le voient emmuré,

Lui est voyageur aventurier.

Qui sait doucement susurré,

Une mélodie de l’âme sucrée.
 

Il est une fenêtre ouverte
Même s’il nous déconcerte
Il donne un sens, une fête
A nos vies toutes faites

 

Ce n’est pas une différence,

Ce n’est qu’une légère nuance.

Un amour de toute évidence,

Dans ses yeux si immenses.

Vie brisée

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un éclair et le choc

L’asphalte aspire

Son corps flasque

Il bascule dans le vide.

Elle est déjà là, sordide

Elle lui fait face !

Il croise son regard,

Celui de la fossoyeuse.

Elle est  inerte, glaciale,

Obscure et laide.

Elle l’observe silencieuse.

Il est dans cet entre deux

Avec sa carcasse brisée !

Il se sent lourd, épuisé.

Pendant combien de temps

Se sont-ils épiés ?

Qui des deux a été le plus froid ?

Le bitume ensanglanté

Ou cette main qu’elle lui tend ?

 

On se penche sur lui

On lui sourit comme

A un enfant malade.

Une blouse blanche lui dit

Qu’il s’en est sorti

Qu’il est parmi les vivants.

Mais l’est-il vraiment ? vivant !

Bien sûr, certainement !

Mais avec un corps

Meurtri à tout jamais

Il ne le reconnait plus

Ce n’est pas le sien !

Où sont donc passés

Ses jambes d’hier ?

Il  ne les sent plus.

Où est sa vie d’avant ?

Comment dire

« Je suis vivant ! »

 

Bien évidement

Défileront les années

A rouler condamné

A braver le regard des autres

La pitié et la peur

Au fond de leurs yeux.

Réapprendre  à grandir

Pour à nouveau ressentir

Les petits matins,

Les caresses du soleil,

Les gouttes de pluie.

Les saisons fleuriront

A chaque automne voleront

Des oiseaux migrateurs.

Assis, il les verra, libérateur

 

Son sort ordinaire

Ce voyage solitaire

Sera une lutte silencieuse

Sans fin et sinueuse.

Sa vie coté pile, coté face,

Un qui le poussera à résister,

L’autre, avalanche de supplice

Jusqu'à un jour accepter

Les coups fantomatiques

De ses jambes inertes

Et ce siège métallique,

Pour continuer la route.

Et enfin, trouver la sérénité,

Se remettre à danser dans sa tête

Vivre, sa vie comme une conquête

Et faire de cette absence, ce malheur.

Une joie, et un sourire au bonheur.

La révolte

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D’entre les ronces de la défaite,

De la mémoire des vaincus,

Des entrailles de la misère,

Des rivières de sang versé,

De la solitude mortifère,

Des hauts fourneaux éteints,

De toute la colère qui monte.

 

De cette société en déclin,

De la faim du tiers monde

Et de celui du quart monde,

De dessous les cartons,

De là où la famine gronde.

 

Des wagons de chômeurs,

Dans de longues files,

De cette triste vie de pâleur,

Des profondeurs des vieilles mines,

Du souvenir des gueules noires,

Des radeaux de la Méditerranée,

Des plages où l’enfant se meurt.

 

De la terre chaque jour sacrifiée,

Par profit souillé, saccagé,

De ce capitalisme arrogant,

Qui nous traite de fainéant.

 

Des pavés abandonnés de mai,

De tous ces rêves insoumis,

Du temps des cerises,

Sans étendard à brandir,

Si ce n’est celui de la liberté.

 

Sans messie, sans chef,

Seul un peuple enfin éveillé,

Les poings levés dans les larmes,

Peace love ou avec les armes,

A nouveau renaîtra la révolte.

Grain de poussière

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne suis qu’un grain de poussière

Dans ce globe d’eau et d’argile

Né un matin d’un chaos universel

D’un simple big-bang ordinaire

Qui voyage entre terre et ciel

Et où tournent d’autres vies

Aux rythmes des galaxies.

 

Mes rêves fous naissent

Dans les nuits célestes

Et se perdent à l’aurore

Perdus dans le brouillard

Ephémère danse de dérision

Dans de lancinants tourbillons.

 

Mon voyage n’est qu’un souffle d’air,

Un chemin d’adversité sans déviation,

Une simple destinée sans destination.

Né de toute évidence pour disparaitre,

Car, même les étoiles dans l’immensité,

Fatalement se meurent en silence,

Dans les trous noirs de l’espace.

 

Tout cela n’est qu’un combat

Illusoire entre rêve et réalité

Entre la raison et l’illusion

L’évidence et la confusion

Ballet d’une âme tourmentée

D’une course mouvante, insensée,

Avec cette certitude inéluctable

Qu’il ne restera au crépuscule

Même plus ce grain de folie

Tout ne sera que poussière !

Les amants

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je voudrais t’aimer
Le temps d’un frisson
Pas toute la vie
Puisque c’est impossible.
T’aimer une heure ou deux
De temps en temps
Le temps de rendre ton cœur léger.
Laisse-moi t’offrir 
Ce qu’il ne peut plus t’offrir.
Tu ne le trahiras pas
En m’ouvrant ton cœur et ton corps,
Tu cueilleras juste un peu de bonheur,
Puisqu’il ne veut plus t’en cueillir.

 

Viens on va danser un tango
Tu ne verseras pas de sanglots. 
Imprimons dans les draps froissés 
Ce désir sensuel enlacé.
Tu en feras des souvenirs,
Pour tes vieux jours,
Tu en rêveras avec un sourire
Dont toi seule connaitra la raison.

 

Comme le grand amour
Ne sera jamais au rendez vous,
Volons des heures à l’ennui, 
Des petits bonheurs.
Je ferai pour toi,
De mes caresses,
De nos baisers,
De mes mots d’amour,
Des bouquets de passion
Pour les déposer dans ton cœur.

 

Et si certains te disent 
Que ce n’est qu’une liaison
Toi, tu sauras que non,
Que c’est une belle évasion
Une délicieuse communion.

Mon épaule

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon épaule est un perchoir

Où se posent tant de chagrins

Qui s’envolent en douce ensuite

A la première petite éclaircie.

 

Ne serait-ce pas un mouchoir ?

Les jours des tristes matins 

Pour des âmes inconduites 

Qui par la suite la remercie.

 

Ou peut être un comptoir ?

Où se tisse un tourmentin,

A la brise, les voiles s’agitent

Lorsque le cœur s’est adouci.

 

Elle est comme une balançoire

Avec son sourire enfantin

Et des pétales de marguerite

Qu’on effeuille avec courtoisie.

 

Souvent, elle a de la mémoire

De la tendresse, pas de baratin.

Et en silence, elle médite

Elle, est sans aucune jalousie.

 

Mon épaule est un perchoir

Un banc dans un jardin

Un petit hall de transit

Dans une vie parfois noircie.

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