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Histoires courtes

Histoires courtes

Bidaia poetikoa

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Les amants

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je voudrais t’aimer
Le temps d’un frisson
Pas toute la vie
Puisque c’est impossible.
T’aimer une heure ou deux
De temps en temps
Le temps de rendre ton cœur léger.
Laisse-moi t’offrir 
Ce qu’il ne peut plus t’offrir.
Tu ne le trahiras pas
En m’ouvrant ton cœur et ton corps,
Tu cueilleras juste un peu de bonheur,
Puisqu’il ne veut plus t’en cueillir.

 

Viens on va danser un tango
Tu ne verseras pas de sanglots. 
Imprimons dans les draps froissés 
Ce désir sensuel enlacé.
Tu en feras des souvenirs,
Pour tes vieux jours,
Tu en rêveras avec un sourire
Dont toi seule connaitra la raison.

 

Comme le grand amour
Ne sera jamais au rendez vous,
Volons des heures à l’ennui, 
Des petits bonheurs.
Je ferai pour toi,
De mes caresses,
De nos baisers,
De mes mots d’amour,
Des bouquets de passion
Pour les déposer dans ton cœur.

 

Et si certains te disent 
Que ce n’est qu’une liaison
Toi, tu sauras que non,
Que c’est une belle évasion
Une délicieuse communion.

Mon épaule

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon épaule est un perchoir

Où se posent tant de chagrins

Qui s’envolent en douce ensuite

A la première petite éclaircie.

 

Ne serait-ce pas un mouchoir ?

Les jours des tristes matins 

Pour des âmes inconduites 

Qui par la suite la remercie.

 

Ou peut être un comptoir ?

Où se tisse un tourmentin,

A la brise, les voiles s’agitent

Lorsque le cœur s’est adouci.

 

Elle est comme une balançoire

Avec son sourire enfantin

Et des pétales de marguerite

Qu’on effeuille avec courtoisie.

 

Souvent, elle a de la mémoire

De la tendresse, pas de baratin.

Et en silence, elle médite

Elle, est sans aucune jalousie.

 

Mon épaule est un perchoir

Un banc dans un jardin

Un petit hall de transit

Dans une vie parfois noircie.

Adieu

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour tristesse,

Avec ton ivresse

Et cette absolue détresse.

Elle est loin l’hôtesse

De l’amour, la prêtresse,

Maudite gonzesse.

Envolées tes caresses

Et tes jolies fesses.

Adieu ta tendresse,

Finies tes promesses,

Sous les averses,

Ma petite tigresse.

 

Je t’ai aimée avec maladresse,

Elle est dite la messe.

N’ouvre pas les parenthèses,

Pour que demain tu disparaisses

Et pour toujours tu me délaisses.

Il ne me reste plus que l’épaisse

Lourdeur que je déverse

De cette absence qui me blesse.

 

Il faut que je me redresse,

Et quitter cette forteresse,

Oublier ton adresse,

Pour qu’un autre amour renaisse,

Et qu’à nouveau il me berce.

Je vais reprendre les voies de traverses

Et puis, tu n’auras pas ton sac Hermès

Une hirondelle

Ttotte Etxebeste —

C’était un matin d’hiver sur ma planète terre. Alors que le temps était frais et ensoleillé, je me promenais, seul, sans but précis, juste histoire de me balader, de profiter de la beauté de la nature et de ce petit rayon de soleil hivernal.

C’est là que je l’ai aperçue ! Une jolie petite hirondelle ! Je me suis arrêté, surpris par cette présence. Elle devrait déjà être sur les côtes africaines, et depuis longtemps ! S’était-elle perdue, oubliée ?

Je m’avance prudemment pour ne pas l’effrayer,  j’hésite,  et puis  j’ose !

- Bonjour petite hirondelle, mais que fais-tu là ? Pourquoi n'es-tu pas partie avec tes copines ?

Et d’une petite voix fragile, elle me répondit :

- Je t'attendais !

- Qui ? Moi ? Répondis-je encore très surpris !

- Oui, toi ! répétât-elle

- Mais que me veux-tu ?

- Je voudrais connaître les secrets de ton cœur.

Les secrets de mon cœur sont si lourds, si profonds, blottis en moi depuis tant d’années, que je les ai enfouis pour l’éternité.

Tout à coup, une question me brûla les lèvres, une question qui me paraissait évidente mais que je n’osais pas lui poser. Je repris mon souffle et lui demanda.

- Dis-moi petite hirondelle, d'où viens-tu ?

- Je viens d'un pays oublié des hommes !

- C’est donc ça ! Je pense alors savoir qui tu es mais aussi d’où tu viens, petite hirondelle !

Elle sourit et se mit à voler autour de moi, tant qu’elle me donna  le tournis. Elle ne tenait plus en place, elle volait, volait, tout en beauté, tout en fragilité.

Je savais qu’elle n’était pas une hirondelle comme les autres. Elle avait en elle la beauté et la souffrance de celles qui ne savent pas tricher. Elle avait fait un long voyage pour arriver jusqu'à moi.

Pourquoi m’avait-elle choisi ? Je n’en savais rien et qu’importait ! Elle était là, posée sur mon épaule,  elle était un cadeau que la vie me faisait. 

Elle se blottit contre moi, et à cet instant précis, j’eus une certitude ; Cette hirondelle, femme enfant, fragile, et rêveuse, était l’Hirondelle de l’Amour !

L'homme oublié

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis cet homme oublié

Celui qui a fuit, cet exilé

Refugié de la conscience

Laissant la rage aux autres

Gardant au ventre l’espoir.

 

J’ai pris des chemins délaissés

Loin des avenues peuplées

Pour suivre seul les pistes

De l’âme solitaire et secrète,

Celles cachées dans la pierre

Celles de la terre à mes pieds

 

Je me suis tu, loin du vacarme,

Des cris, du fracas, des alarmes

Qui engendrent cette peur sourde

Pour à nouveau écouter le silence.

Je me suis tu, pour le réentendre.

 

J’ai suivi l’écho de ma mémoire

Celui de mon enfance dans le noir,

Une lointaine berceuse négligée,

Dans les entrailles du quotidien

Pour à nouveau renaitre, revivre.

 

Je me suis évadé des gouffres,

Des précipices où l’on souffre

Pour courir vers ce lieu inconnu

A la recherche de cette source

Cette fascinante liberté aperçue.

 

Je suis l’homme, des autres, oublié !

Je voyage poussé par des alizés !

J’ai redessiné les allées boisées

Des flâneries au fond de l’âme

De pierres, de terre et de cimes.

J'accuse

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme toi jadis, Zola,

Aujourd’hui, j’accuse !

Ce monde de l’argent roi

De n’être qu’une ordure

De nous imposer sa loi.

J’accuse cette bête immonde

De broyer le plus grand nombre

Par cette injustice profonde,

Au bénéfice de quelques nantis.

 

J’accuse cette société

De privilégier les grandes fortunes

Du CAC 40 et des banques

De se gaver de leurs tunes

Et d’assassiner la solidarité,

Comme un dégât collatéral,

Sans scrupule et sans charité.

J’accuse tous ces capitalistes

Tous ces pseudos  populistes

De tuer le peuple en désarroi.

 

J’accuse le peuple servile

De s’oublier dans sa bière,

Ses matches de foot business.

De délaisser la classe ouvrière

Et de s’endormir dans sa boue.

Je l’accuse de rendre,

Les plus miséreux que lui,

responsable de sa galère.

Je l’accuse de préférer

Voter pour la peste brune

Plutôt que de dresser

L’étendard de la commune.

 

J’accuse les médias bourgeois

De nous intoxiquer par les pubs,

Et de dévaliser nos fins de mois

Faisant de nous de pauvres idiots,

Des consommateurs dociles,

Fouillant sur la toile nos profils.

Je les accuse de faire à leur guise

De la femme une marchandise

Je les accuse de nous enfermer

Dans la bêtise et l’ignorance,

Avec une télé qui nous abrutit,

Et des réseaux pas si sociaux,

Distillateurs insidieux de ragots.

 

J’accuse toutes les religions

De parler d’amour et de n’inculquer

Insidieusement que la division,

De prêcher la peur, la soumission

Au nom d’un dieu chimérique !

 

J’accuse l’humain délétère

De détruire sa verte planète

Cette terre nourricière,

En pensant que tout s’achète.

J’accuse l’humain,

De souiller de sa crasse

Les rivières et les océans

Et de faire fondre les glaces.

Je l’accuse d’allumer des guerres

Au nom du pétrole et de l’argent.

J’accuse l’humain de tous les maux.

Je m’accuse d’être…

Un de ces tristes humains.

Elle est..

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle est le soupir léger du vent,

Qui frôle l’air et fait frissonner.

Elle est cet éternel présent,

Où s’efface le passé griffonné.

 

Elle nait au petit matin d’un cri,

Et se meurt un soir d’un silence.

Elle est un roman où tout se réécrit,

Et où tout se finit dans la résilience.

 

Elle est l’eau qui ruisselle, empêchant

Cette chute lente de la dessécher,

Avec parfois un torrent débordant,

L’âme à vif, mise à nue et écorchée.

 

Elle est une  énigmatique errance,

Un rendez-vous  invraisemblable,

Dans une indéfinissable défonce,

Et la plus fantastique des fables.

 

Elle est cette perfection imparfaite,

Une erreur d’une beauté fatale,

Avec ses victoires et ses défaites,

Mais elle nous est tellement vitale.

 

Et pourtant, elle ne tient qu’à un fil

D’acier rouillé, avec ses controverses,

Avec ce temps implacable qui défile,

Et ses rides en nous qu’elle disperse.

Tu voudrais

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tu voudrais lui dire que… !

Mais comment le lui dire ?

Tu ne le sais pas, 

L’as-tu au moins su un jour ?

Alors ces mots,

Ces sentiments,

Périssent en toi.

Ils meurent, 

Sans jamais naitre,

Sans pouvoir

Fleurir le cœur de celle…

 

Tu voudrais courir,

Pour la rejoindre et lui avouer …

Mais tu restes là planté

Comme un con

Pétrifié de peur.

Ce n’est pas compliqué

De prendre une main,

De la serrer.

Et pourtant !

 

Mais comment font les autres ?

Ceux qui offrent

Des fleurs,

Ceux qui savent dire,

Ces mots,

Ceux qui font rire

Et souvent pleurer.

Tu aimerais être

Comme eux.

 

Alors tu l’oublieras

Ou du moins

Tu feras comme si,

Tu garderas ces mots

Que jamais tu ne lui diras.

Ils s'évanouiront

Dans ta solitude

Et tu t’endormiras

En te disant… 

Elle n’était pas pour moi !

Alcool

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une ombre s’accroche au bar

Nul ne sait qui retient l’autre

La tête au fond de son verre

Il croit encore tenir la barre.

 

Silhouette perdue, à la dérive

Il sombre seul, il dégueule

Et aux humains il gueule

Durant ces heures tardives.

 

Depuis combien de temps est-il là ?

Il s’en fout, pour lui, il est trop tard

Il s’enfonce dans son brouillard

Il se croit sorti d’un roman de Zola.

 

Il ne voit plus la vie au dehors

Il est prisonnier de son désespoir

Perdu au fond des verres illusoires

Il n’a plus que ce troquet comme décor.

 

Comme chaque soir, à la fermeture

Il se fera jeter comme un clébard.

Il maudira le patron et son putain de bar

Il s’en ira titubant, avec sa déchirure. 

 

Dans une autre vie, il fut un homme

Avant cette descente en enfer

Otage de cet alcool mortifère

Jusqu’à la nausée à coup de rhum.

C'était le temps...

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’était le temps des sacs de billes

Les genoux écorchés qui saignent

Des tâches d’encre sur les tabliers

Les dictées et tables de multiplications

Et les coups de règle sur les doigts.

 

Les mois de juillet aux odeurs de foin,

Dans les bois, la jungle n’était pas loin.

Les mains et la bouche pleines de mûres

Fort Alamo était juste derrière un mur,

Sous les tirs, la mort sur l’herbe séchée.

 

Le lait qu’on allait chercher à la ferme

Avec nos bidons de  lait en fer blanc

La vieille, de sa cuisine, qui nous épiait

La peur au ventre, il fallait courir,

Les héros d’Alamo s’étaient envolés. 

 

C’était le temps des épées de bois,

Des frondes, la chasse aux fauvettes,

Les brindilles dans les trous à grillons

Des pommes, des figues dans la musette

La fuite quand le chien de la ferme aboie

 

Les dimanches en culottes courtes

Les mains jointes à écouter le curé

Imprégnés d’odeurs âcres d’encens

Les cheveux gominés avec une raie

A regarder les filles en robe blanche.

 

La nostalgie de ce temps enfui

Si lointain et pourtant si présent

C’est une douce mélancolie

Qui silencieusement embellit

Les souvenirs de ma vie d’homme.

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