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Histoires courtes

Histoires courtes

Bidaia poetikoa

Il faut

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

Il faut sourire

Pour ne pas mourir.

Il faut s’ouvrir

Pour un soupir.

Corps et âme sentir,

Séduire,

La chair de plaisir.

Au fil du temps grandir,

Mais pas trop mûrir.

Tout parcourir

Pour se souvenir.

Parfois Souffrir,

Et toujours offrir,

Et puis courir,

…Courir !

Pour ne plus subir.

Le troupeau le fuir,

Pour se suffire.

Défaillir,

Faiblir,

Fléchir

Et ressurgir.

Rire,

Guérir,

Sans mentir

Et à la vie refleurir

Croire à l’avenir…

…Et revoir Casimir

Mundu berri bat / Un monde à inventer

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mundu berri bat eraiki

Zaharra puskatuz.

Utopia batetik

Amets batetik

Etorkizun batetara

 

Un monde à inventer

Par effraction.

D’une utopie

D’un rêve

Bâtir un avenir !

Zertarako sortu nintzen ?

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

Zertarako sortu nintzen ?

Nor naiz ?

Zein da nere bizibidea ?

Sortu nintzen ezerretik

Ezerrerako bidea izan dut

Eta ezerrean amaituko dut

Hauts, huts dakagu dena

Amategia ez ikusi nahi

Eta bide faltsuetan ihes

Amets gaixtoetan galdurik

Non eta nola galdu nintzen

Labirentu erdi erdian ?

Denbora iragan zait

Galderen erantzun xeka

Kearen atzean zer dagoen

Jakin nahi, eta…

Ezin jakin

Odolezko malkoetan

Goizetako lanbroetan

Basamortuko isiltasunean

Markutu naiz lurrean

Eta zer ?

Iragan dira orduak

Urteak !

Galderen burrunba

Beti hor !

Non aurkitu, nola ?

Ba ote du erantzunik

Bizi honek

Ba ote du zentzurik

Hau dena

Ez ote debaldetan ?

Azken ordua etorri aitzin

Norbaitek errango dit ?

Zertarako sortu nitzen ?

Nor naiz ?

Zein da nere bizibidea ?

Une heure

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il ne te regarde plus

Tu es comme invisible

Vous faites encore l’amour

Bien sur !

Mais est-ce vraiment l’amour

Le temps est assassin

Quand le cœur se tait

Tu te meurs en silence

Dans cette existence

Entre les enfants qui grandissent

Et cet homme qui devient étranger

Le corps en désespoir

Tu cours à la recherche

D’histoires de passage

Une heure volée

Ici et là

Une heure pour assouvir

Ce vide, ce manque

Une heure pour apaiser le corps

Mais l’âme crie, hurle

Aimez-moi !

Je suis vivante

Dans cet espace temps

Je suis une femme

Je ne veux pas

Dessécher comme feuille morte

Chienne de vie

Tu attends quoi de moi ?

Tu veux que je fane ?

Tu veux me voir défraîchir ?

Moi, je veux me sentir vivante!

Je veux me sentir femme !

Je veux être …

Enlacée d’amour et de désir !

Y a-t-il quelqu’un

Ici ou ailleurs

Existe-t-il un homme

Qui écoute son cœur

Qui saurait lire le mien ?

Tu ne sais plus

Tu ne le vois pas

Alors, tu voles une heure

Ici et là

Pour tuer le temps

Pour que le temps

Ne te tue pas

Des mots

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots tendres

Des mots à prendre

Des mots à fleur de peau

Ceux sans drapeaux

Des mots poème

Que la peau aime

Des mots de larmes

Qui désarment

Des mots de tous les jours

Qu’on dit pour toujours

Des mots qui déchirent

Le jour de s’affranchir

Et puis, des mots fleuris

Car la vie est jonglerie

Même si tous sont mots croisés

Dans ce monde à apprivoiser

Dans un clair obscur, des mots duels

Pour des nuits sensuelles

Des envolés de mots velours

Tendrement, sans désamour

La folie des mots musique

Quand tout est magique

Et lorsque tu ne pipes mot

Vis et oublies tes maux

Des mots à mot couverts

A deux cœurs ouverts

Des mots qu’on se dit

Même les maudits

Des mots étranges

Des nuits d’orage

Des mots silences

De la résilience

Des mots fragiles

D’une terre d’argile

Et il y a des mots non dits

Comme interdits

Mon pote

Ttotte Etxebeste —

Mon ami, mon pote, tu es là, perdu, parce qu’elle s’est enfuie, t’a larguée. Ne chiale pas comme ça, putain ! Bouge un peu ton cul, dis-toi qu’elle n’était pas faite pour toi. Allez arrête, tu es pathétique, puis cesse de renifler comme ça, comme un con ! Putain mon pote, ce n’est pas grave, tu as perdu une bataille d’accord, mais pas la guerre.

 

Et puis, oui chiale si ça te soulage, après tout ! Mais arrête de regarder défiler ta vie, tu n’es plus là, t’es je ne sais où ! T’es assis là, comme on peut l’être dans un hall d’attente d’une gare, comme un mec qui attend son train. Comme si la vie était des voies de chemin de fer avec ses gares et ses aiguillages (non ce n’est pas un slam de grand corps malade). Imagine toi, mon pote, les voies sont nos voyages, les gares nos espaces de doutes et les aiguillages nos décisions. Il nous arrive de prendre une voie pensant qu’elle est la nôtre, et puis non, il y a un arrêt, un accident sur la ligne, et tout bascule vers les larmes, la douleur, alors tu descends et tu te retrouves en gare, le cœur en détresse, là avec tes questions, tes blessures, tes peurs, tes doutes.

 

Assis sur un banc, tu regardes passer les gens, et près de toi, peut-être, deux amoureux s’embrassent, sur ta joue une larme coule, tu repenses à ton amour perdu, tu les envies. Tu es dans cette gare une âme errante, un sans amour fixe. Pourtant, aujourd’hui ou demain, dans cette gare, il te faudra trouver ta nouvelle destination, te lever, prendre ton sac et aller voir le panneau d’affichage pour savoir où vont tous les autres trains.

 

A toi de choisir ton train mon gars, pour une meilleure vie. Sans le savoir mais en y croyant fort, aussi fort que ton souffle, pour que ce changement ait lieu, il te faudra trouver la force, puiser au plus profond de toi, creuser ton âme, apprendre à voir la lumière dans l’obscurité, et alors seulement tu trouveras la force et la motivation.

 

Il faudra t'éloigner de la douleur, et te rapprocher des plaisirs de la vie, car lorsque la douleur est en nous, souvent nous avons du mal à nous éloigner d’elle. Bien sûr, tu peux aussi errer dans cette gare pendant un certain temps, mais tu ne trouveras pas ta voie, tu ne sauras pas quelle est ta destination. Tu n’as pas le choix, tôt ou tard, il te faudra partir, reprendre la route, remonter dans un train, choisir le bon aiguillage pour ne pas te retrouver à nouveau en rade dans une autre gare, plus loin, plus tard.

 

Bien sûr, tu vas me dire que te jeter sous un train règlerai tout, tout serait bien fini !

Connerie mon pote, regarde comme la vie est belle ! Derrière tes larmes, derrière ta blessure, il y a le parfum de la vie. Cette vie est une garce, mais c’est une belle garce ! Alors accroche-toi à elle. Et tu le sais bien, nous les mecs, on a toujours aimé les belles garces. Alors putain, ne regarde pas sous les trains !

 

Tu reprendras goût à la vie et au départ de la gare, en remontant dans cet autre train, tu risques d’avoir le vertige. Mon ami, mon pote, tu auras sans nul doute la boule au ventre, envie de vomir, des sueurs dans les pores de ta peau, peut-être même une peur bleue et une envie de descendre, de te rassoir sur ton banc. Je sais au fond de moi, que tu ne descendras pas car tu cherches la lumière.

 

Surtout ne te trompe pas de train mon vieux, j’aimerai que tu prennes le bon cette fois-ci, qu’il roule, sans encombre, le plus longtemps possible jusqu'à toucher l’horizon et son soleil. Ne t’inquiète pas si ça prend du temps, tu sais bien que les trains on toujours du retard.

 

Allez viens, on va aller se manger un hamburger au buffet de cette gare et se taper une bonne bière. Mais putain, arrête de pleurer comme ça, un mec ça pleure pas !

J’ai brûlé / Erre ditu

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai brûlé mes mots

J’ai brûlé mes souvenirs

J’ai brûlé mes rêves

J'ai brûlé mes désirs

J’ai brûlé mes livres

Que me reste-t-il à brûler ?

Il ne me reste plus…

Que le silence

Le vide

Le néant de l’absurdité

Je m’aperçois dans ce miroir

Sans mes mots

Mes souvenirs

Mes rêves

Mes désirs

Et mes livres

Qui suis-je ?

 

 

Erre ditut nere hitzak

Nere pentsamenduak

Erre ditut nere ametsak

Erre ditut nere liburuak

Zer gelditzen zait erretzeko ?

Gelditzen zait, bakarrik…

Isiltasuna

Hutsa

Ezerrezaren itxuragabekeria

 

Miraila horretan ikusten naiz

Nere hitzik

Nere pentsamendurik

Nere ametsik

Nere libururik

Gabe !

Eta nor naiz ?

 

Bainan noiz…

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

Armak entregatu

Borrokak isildu

Minak onartu

Eginaz damutu

Gatazka ez aipatu

 

Bainan noiz…

Presoak amnistiatu?

Herria askatu ?

Bainan hau ez da amaitu

Askatasun nahia ezin baita bahitu

Zuen bake faltsua ez dugu nahi onartu

Guk diogu borrokari lotu

Zeren Herriak bizi behar du

Kantari beltza

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

Udaberriko

kantari beltza

Zure doinua

gau ilunetik

Heldu zaigun

blues litaike

Egun batzutan

Opera bat iduri

Goizean goiz

Hasten zira

Egia erran

Ez didazu

Begietan

Nigar sorta

sortzen

Bihotzean

Zorion musika

Bizi edertasuna

Zuri so

egoten naiz

Orduak ta orduak

Ez zaitut

Beldurtu nahi

Zure udaberriko

Abesti xarmagarian

Hor zira kantuz

Isildu gabe

A cappella

Nola asmatzen duzu

Zure eguneroko

Doinu hori

Zu Kantari beltza

Ez duzu

Gitarrarik behar

Ez eta pianorik

Zure armonia

Zure baitan duzu

Zuk arbol

Arbasta bat

Duzu nahiko

Zu nere zozo beltza

Nere goizetako

Kantari beltza

Des murs

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des murs aux frontières

Des murs de poussières

Des murs dans les têtes

Des murs de la honte

Des murs dans les cœurs

Des murs qui écœurent

Des murs de barbelés

Des murs à dégueuler

Des murs de traîtres

Des murs à des kilomètres

Des murs de haine

Des murs schizophrènes

Des murs de doutes

Des murs de déroutes

Des murs de peurs

Des murs d’horreurs

Des murs de drames

Des murs de larmes

Des murs de vertiges

Des murs qu’on érige

 

Pour faire tomber les murs

Il faudrait des barricades

La solidarité des palissades

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