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Histoires courtes

Histoires courtes

Bidaia poetikoa

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Des blocs de pierre

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des barricades en blocs de pierre pour accueil

Sous des ponts, un manque d’humanité

Pour cacher la misère, par la brutalité

Dans ce monde fou, l’amour est en deuil

 

Des barbelés et des blocs de pierre

Au lieu des couvertures et des tentes

Et toujours cette question envoûtante

Où est notre fraternité ? Dans un cimetière !

 

Des blocs de pierre comme toute réponse

A toi le migrant qui n’a même plus le droit

A cette simple dignité d’avoir un endroit

Même là où les rats se cachent et se reposent

 

Des blocs de pierre par manque de solidarité

De l’indifférence à ton malheur et ta détresse

Et c’est notre société qui lentement régresse

Ce n’est pourtant pas difficile, un peu d’hospitalité

Emaztetasuna

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

Bere begietan gaztetasuna
Baita urteen zimurrak

Mendeak gainditu ditu

Ta bizirik iraun du
Gezurrek ez dute suntsitu

Edozoin izanik sorterria

Esklabo edo aske da
Zer da idatzia
Edozoin gizartean

Edo klase sozialetan

Kontsomailtzailea da

Edo gozamen da
Herriaren arabera
Kulturen arabera
Lore hauskor galdua

Edo zuhatz sendoa

 

Bainan denen gainetik

Ta hori lehenlehenik

Betiko emazte da
Lur guzien ahizpa
Biziaren iturria

Bera gabe ezin bizia

Ikus emazte begirada

Itsas haizeetan

Izar, iduzkietan
Entzun emazte bihotza

Haurraren malkoetan
Euri ttanttetan
Uki emazte dirdira

Apirilako arrosetan

Udako ximistetan

Azken elurretan

Irakur emazte gogoa
Gaueko illuntasunetan

Bere isiltasunetan

Bere irrietan

Eguneroko arnasetan

Egunez-egun begira

Bere emazte indarra

Emaztetasuna.

Kanta zak

Ttotte Etxebeste —

Gauaren erdian nigarrez ari den haurra

Sukarrak jana, bere esku ttiki xuriak luzaturik

Amaren sehaska kantak dio ekarri lasaitasuna

Ahots horren xaramelak ez du ekartzen izurik.

 

Tsunami batek uholdean dena erematen duelarik

Suntsitu dituelarik bizi osoak, zer gelditzen da?

Berriz eraiki behar denean, altxatu behar delarik

Zauri guzien artetik entzuten da nonbait lehen kantua.

 

Artzaina mendi erdian artaldearen zaindari delarik

Laborariak soroan udako belarrak bilduta

Mendez-mende zuen betiko izerdien iturritik

Haizearen xistuak dakarkio laguntasuna.

 

Langileak lan ta lan dabiltza egunero bizkarra makurturik

Greba egunetan karrikan dago aldarrikapena

Nagusi baten aginduak isiltasunean pairaturik

Borrokarako doinua daukazu gogor eskutan lotua.

 

Politikarien ahotsa behin betiko dagoenean isildurik

Ilunpean gitarra zahar batek du hartu soinua

Herri zanpatuak burdinez loturik, beldurrez mututurik

Udaberri iraultza datorrenean, kantuak dauka irabazia.

 

Kanta zak lagun! Kanta zak dena desegin denean!

Kantua gelditzen baita bizian, kanta zak, kanta!

Moi fils de Murcia

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

Moi fils de Murcia

Dès la naissance dans le couffin
enfant de la misère et de la faim

 

Moi fils de Murcia

A qui on a apprit les règles

Et à manger le vieux seigle

 

Moi fils de Murcia

L’esprit ciselé par la terre

Le corps qui a su se taire

 

Moi fils de Murcia

Forgé sur les enclumes

Torrentielle de larmes

 

Moi fils de Murcia

Fils perdu de galère

De la sueur et de la colère

 

Moi fils de Murcia

Gueule noire de la mine

Celui qu’on extermine
 

Moi fils de Murcia

Chaque jour par les racines

Lentement on assassine

 

Moi fils de Murcia

La peau tannée comme un maure

Allant de la vie à la mort


Moi fils de Murcia

Les vents du peuple me portent

Avec la révolte comme escorte

A quoi sert le passé ?

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A quoi sert le passé ?

Quand ceux que nous avons connu,

Lorsque la source dans laquelle nous avons bu

Quand les luttes que nous avons mené,

Tout est toujours menacé !

Comme les fleurs au bord des routes

La pierre, elle-même, se désagrège

Quand l’horloge du temps

Fait disparaitre lentement

Ceux que nous avons aimés.

Une averse de pluie

Et l’arbre est déraciné

Entre deux fleurs séchées

 

Nous regardons l’avenir

Comme une source

Qui va vers la mer

Le merle et la grive ont chanté

Quelque part dans les bois.

Les avons-nous entendus ?

Ou étions-nous?

 

Quelque chose a- t-il changé

Pendant que nous passions ?

A quoi sert le passé ?

Nos jouets d’enfants sont cassés

Des hommes et des bêtes ont fuit !

Ont-ils laissé des traces dans la boue?

Pourquoi sommes-nous nés ?

Pourquoi luttons-nous ?

Pourquoi nous sommes-nous aimés ?

Si tout cela se poursuit sans nous

Quand La pierre elle même se désagrège

L’arbre tiendra-t-il debout

Entre deux fleurs séchées ?

Le marché aux promesses

Ttotte Etxebeste —

Tu as chiné durant des semaines, fouiné en espérant trouver la perle rare en solde. Tu as fait du lèche vitrine, rêvant apercevoir la remise inespérée. Tu as même vogué sur les océans virtuels à la recherche de sapes, ou d’autres choses… Mais déjà la fin des soldes approche doucement et tu te dis que les soldes ne sont plus ce qu’elles étaient !

 

Rassure-toi mon ami, rassure-toi, le grand marché s’ouvre bientôt, avec ses casseroles, avec ses ceintures qu’ils te vendront en te disant qu’il faut la serrer très fort. Il s’ouvre bientôt Le marché aux promesses. Tu en auras pour ton argent mon ami. Tu auras de belles promesses rouge, bien rouge, celles qui fleurent bon le prolétariat, celui de la lutte des classes au son de l’international. Tu auras des promesses rose, rose romantique, un peu nostalgique, des promesses rose qui voudrait reprendre un peu de couleur même s’il est trop tard pour être une rose rouge. Il y aura les promesses verte, mais ces promesses ne sont pas encore mûres, elles sont encore trop vertes. Tu auras des promesses bleu, oh non, pas des promesses bleu azur, ni bleu océan, ce serait trop beau ! Ces promesses seront bleu sombre, bleu austère, aussi austère qu’un sacristain, c’est certain ! Viendront les promesses nauséabondes, les promesses qui semble-t-il, sont à la mode de part le monde, ces promesses brune ne sentent pas bon, alors vraiment pas bon, elles sentent la peste, la haine et la peur. Méfie- toi de ces promesses, elles sont cancérigènes, méfie-toi mon ami ! Puis, tu auras les promesses de la nouvelle vague, non, pas celle de Godard. Cette nouvelle vague n’est ni rouge, ni rose, ni verte, ni bleu, elle n’est même pas brune, elle est incolore. Elle te fera des promesses de je ne sais quoi… Mais les promesses ne durent que le temps d’un printemps !

 

Au soir de la clôture du grand marché aux promesses, celui ou celle qui aura vendu le plus de promesses et de ceintures, te dira : c’est bien, tu as fait le bon choix, maintenant rentre chez toi, laisse-moi m’occuper de tout, fais-moi confiance. Tu verras, ça ne sera pas douloureux, endors-toi tout doucement. Regarde la télé réalité, ou Michel Drucker. Rentre chez toi et laisse moi gérer tes affaires et surtout, ne descend pas dans la rue, ça ne serait pas bon pour tes poumons, tu sais bien que je serai obligé d’utiliser mon gaz, celui qui fait pleurer tes yeux et envahit tes poumons jusqu’à t’étouffer. Reste sagement chez toi, je viendrai te réveiller pour le prochain grand marché aux illusions.

 

le changement n’est pas dans les urnes, le changement est en toi. Le Pouvoir n’est qu’une tromperie, c’est un amant qui, durant toute la nuit, te fait croire qu’il va t’épouser et qui, au petit matin, te quitte ! Ami tu ne seras vraiment libre que le jour où nous prendrons enfin notre destin en main.

 

Ami, allons rejoindre Louise Michel, elle nous attend sur les barricades de la commune. Ami, chantons le chant des partisans et celui des temps des cerises. Allons voir les raisins de la colère. Ami, souviens-toi d’Alekos qui nous disait de sa Grèce insoumise « celui qui se résigne ne vit pas, il survie ! », souviens toi de Makhno qui, depuis sa vieille Ukraine, nous criait de croire à l’autogestion, à la solidarité de classe et surtout de bannir la dictature du prolétariat. Mon ami souviens-toi d’Ernesto qui, des montagnes de Cuba ou de Bolivie, je ne m’en souviens plus très bien, nous écrivait «Le présent est fait de lutte; l'avenir nous appartient…Tous les jours, il faut lutter pour que cet amour de l'humanité vivante se transforme en gestes concrets, en gestes qui servent d'exemple et qui mobilisent…» Souviens-toi mon ami ! Et puis, entends-tu le chant des Zapatistes, écoute ce qu’il nous chante «… Pour l'instant, le vent d'en haut domine, le vent d'en bas approche, voici l'orage… Quand l'orage sera passé, quand la pluie et le feu laisseront à nouveau la terre en paix, le monde ne sera plus le monde, mais quelque chose de mieux…»

 

Mon frère, ma frangine ! Viens avec moi rêver d’utopie, viens, reprenons le chiffon noir de la révolte, prends le drapeau arc en ciel de l’égalité. Viens, toi aussi ma frangine aux bas résilles, la putain de Hambourg ou d’ailleurs. Viens, toi le miséreux des taudis de Pretoria ou des favelas de Rio. Viens, toi qui dors sous des cartons, toi le migrant qu’on parque dans des camps barbelés. Viens, toi l’enfant sacrifié de Gaza, de Bruxelles. Viens mon frère, ma frangine nous sommes de la même galère. Prenons nos rêves et nos utopies en main et construisons ensemble le monde de demain et tu verras mon ami que le jour où le règne de la liberté et de l'égalité arrivera, le genre humain sera plus heureux.

 

Toi qui lis cette bafouille, si tu trouves que je suis un doux rêveur, un utopiste et que mes rêves sont impossibles. Pas grave, je te laisse ton bulletin de vote et moi je garde mes rêves qui sont si beaux.

Itsasotik sortu ginen

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Itsasotik sortu ginen, ura hastapenetik bizi hats,

Itsaso deiadarrak larrua onduz gizona handitzen.

Ni ur gazira noa dena hantzi arte, uran ito naitezen

Arrantzale galduen itsas barrutira hitzak isilduz

Bizi ispilua puskatuz, iragan arrastak urratuz.

 

Hirien azantza hutsek, dauzkate haurren dantzak irentsi

Dena desegin, gutun ta argazki erre, maletak hustu

Isiltasunez jabetu, goiz batez hitz gabe itsasoa hartu

Haurrek jakin dezatela banoala nonbait hau utzirik

Hagunak, korailak, kolorezko malkoak beste beharrik

 

Behin betiko kaiako zilbor-hesteak moztu, lurra ahanztu

Nortasuna erraustu gabe, eromena aurkitu aitzin.

Egutegiak lau haizetara bidali, ez dezatan noiz den jakin

Larrua larruntx izan dadin atera naiten izaltsutik,

Ta olatuek aska nezatela zauri illunetatik.

 

Jorratu ditut gezurrezko egia guztiak mila aldiz

Norgehiagoka horretan askotan ni galtzaile izan naiz

Itsas-mareek, ihes eremanen daukate zuen zepoetatik

Uholde batean ontziratua itsas haizeek pusaturik

Ahantzitako mendeetako mariñeleen gisa ausarturik.

 

Ipar izarra galdu duen gizona naiz itsas horretan.

Itsaso deiadarrak diot gizona handitzen duela

Mugagabetasun horretan ezer gira, aske senti girela

Nahiko litaike ahanzteko, oinarritara joateko

Hiri galduetan haurren irri dantzak berriz entzuteko.

 

Itsasotik sortu ginen, ura hastapenetik bizi hats

Urperatu haur galdua bizia hasi zen iturrira

Ezkutatu erantzunak jorratu, ur-zorrotik berriz atera

Itsas haizeak goiztiria dakar ta pizkundea sartzen

Itsaso deiadarrak larrua onduz gizona handitzen.

 

La femme de soie

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle peint entre pastel et soie

Un voyage intérieur dans son moi

Que parfois la nuit elle entrevoit

De ses couleurs j’aperçois

Ce qu’elle nous trace comme émoi

C’est un long chemin, une voie

De ce qu’elle cherche en soi

Son pinceau jamais ne larmoie

Des éclats de vie elle envoie

Dans sa solitude elle conçoit

Délicatement mois après mois

Longuement elle louvoie

Pour que rien ne déçoit

Elle mélange les teintes du Vermois

Elle laisse tomber son pavois

Alors son âme je perçois

Elle ne cherche plus son surmoi

Ce n’est pas une peinture c’est sa voix

Et dans sa toile elle nous reçoit

Dans des élans fous de chamois

Par politesse elle nous vouvoie

Puis doucement elle s’assoit

La femme de soie

La femme en soi

La femme en émoi

 

 

 

 

Article publié depuis Overblog

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

Eman hitz bat

Eta joango gira

Bere atzetik

 

Eman irri bat

Eta zurekin

Dantzatuko dut

 

Eman zure malkoak

Eta poliki poliki

idortuko ditut


Eman zure eskua

Nerea hartu

Eta goxatuko zaitut

 

Eman itxaropena

Eta zurekin

Bidaiatuko dut


Eman zure bihotza

Eta zure bizia

Loretuko dut

Oi zu nere aberria

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oi zu nere aberria

Zu zira amesgarria

Nere eguneroko iturria

Atzo zinen nafarrerria

Bihurtu naiz borrokalaria

Zuretzako beti gudaria

Entzun dut zure basotxoria

Ez dut zuretaz harrokeria

Zira nere maitagarria

Ez dut ikusi nahi zure hilzoria

Amesten zaitut gorri-gorria

Badakit zarela askagarria

Ez duzu oraindik nortasun agiria

Alta xutik da gure aitaren baserria

Hartu berriz beste hats berria

Izanik ere aho askotan aipagarria

Edota batzuen faltsukeria

Noiz izango zira denendako sinesgarria

Izan zaite gaur eta bihar bateragarria

Zure seme alaben lokarria

Oi zu nere Euskal Herria

Nere aberria…

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