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Histoires courtes

Histoires courtes

Bidaia poetikoa

La vie est animale

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sujet délicat

Que d’autres vous diront

Existentiel.

Il s’agit de ce sentiment

Etrange

Qu’est l’amour

Et s’il n’existait pas ?

S’il était pure…

Illusion

Une confusion

Tout comme la religion

Une invention

Une escroquerie humaine

Pour se croire

Supérieur à l’espèce animale

Pourtant la réalité nous ramène

A cette triste vérité

Nous sommes tous des bêtes

Attirés depuis la nuit des temps

par des pulsions sexuelles.

Voyant un bipède

Tout s’emballe

Pour une histoire

D’hormones

De testostérones

Je vous le concède

La vie est animale.

Un matin d'ivresse

Ttotte Etxebeste —

C’était je ne sais plus où, ni quand, ce que je sais, c’est que j’avais du sommeil en retard, comme une sorte de décalage horaire. J’étais en pleine discussion à deux balles avec un échoué de la nuit comme moi, il était aussi gris, et aussi noir que moi, et notre différent sur la beauté éventuelle de la campagne et de la ville s’éternisait lourdement. Ce qui me poussa à lui rétorquer « Si vous n’aimez pas la mer… Si vous n’aimez pas la montagne… Si vous n’aimez pas la ville… Allez-vous faire foutre ! » Non mais avons-nous dans l’idée de ne pas aimer la mer, la ville et la montagne ? Cet abruti me regarda interloqué. Apres un moment de silence, se reprenant, il me balança a la gueule, moi « Quand j’écoute du Wagner, ca me donne envie d’envahir la Pologne. » Dans ce petit matin gris intérieur, encore imprégné des vapeurs de l’alcool de la nuit je ne vis pas la relation avec notre histoire de mer et de montagne ! Il commençait à me gonfler celui là, je devais lui clouer le bec sans tarder, écoute mon gars, je vais te dire un truc « Je n’ai aucune confiance en quelqu’un qui porte à la fois une ceinture et des bretelles… en quelqu’un qui doute de son pantalon » Je tournais les talons et pris le trottoir d’en face. Ça ne faisait pas cinq minutes que je déambulais voulant sortir l’autre abruti avec son Wagner et sa Pologne de ma tête. Qu’une demie blonde décolorée aux rimmels coulant m’aborda ! Bordel ! Impossible d’être tranquille ce matin ! Elle s’agrippa à moi comme une furie en hurlant « Tu m’as dit “Je t’aime”, je t’ai dit “Attends”. J’allais dire “Prends-moi”, tu m’as dit “Va-t-en” ? » Cette fin de nuit finissait vraiment d’une sale manière. Putain comme elle puait l’alcool. Recouvrant non sans peine mes esprits, je luis dis : écoute chérie, cette nuit « J’ai observé un escargot qui rampait le long d’un rasoir… C’est mon rêve… C’est mon cauchemar… Ramper, glisser le long du fil de la lame du rasoir, et survivre » « Crois-moi, je ne suis pas méchant. J’ai juste un côté obscur un peu prononcé. » Elle fit un ce ces demi tour foudroyant que cette conne se niqua le talon de sa godasse sur le trottoir et se vautra parterre. Et merde pourquoi je ne suis pas rester dans mon lit hier soir ! Je la relevais elle pesait son poids

« - Ecoute, ma bonne Suzanne, t’es une épouse modèle.

- Mof !

- Mais si, t’as que des qualités. Et physiquement, t’es restée comme je pouvais l’espérer. C’est le bonheur rangé dans une armoire. Et tu vois, même si c’était à refaire, eh bien je crois que je t’épouserais de nouveau. Mais tu m’emmerdes.

- Tu m’emmerdes gentiment, affectueusement, avec amour ! Mais tu m’emmerdes ! »

Elle pleurait tout son soûl et dans une voix larmoyante elle me dit «Quand on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner» et tu vas tourner longtemps ! Il fallait que j’abrège cette scène pathétique d’un petit matin blafard ! Ecoute chérie arrête de pleurer tu le sais bien « On est tous en visite. On débarque, on fait un peu de tourisme, et puis on repart. Tu crois sincèrement que ça vaut la peine d’enlever son manteau ? Pour quoi faire ? Attraper la crève, prématurément ? » Je l’invitai à prendre un taxi et à rentrer, elle monta en boitant et oui elle avait niqué le talon de sa godasse.

 

J’avais besoin de prendre l’air de trainer encore un peu, peut être que je trouverai un bar ouvert ? Je regardais s’éloigner le taxi dans la brume de la ville. Enfin seul. Cette fille était infernale et à chaque fois que j’étais bourré j’oubliais qu’elle était ma femme. J’ai toujours été garnie, mais elle, elle était forte, j’ai pourtant de l’expérience « Je suis ancien combattant, militant socialiste et bistrot. C'est dire si, dans ma vie, j'en ai entendu, des conneries. » Mais parfois j’ai des envies de meurtre « La flinguer, comme ça, de sang froid, sans être tout à fait de l'assassinat» Tout compte fait l’assassinat n’était pas une bonne idée « Dans la vie, il faut toujours être gentil avec les femmes même avec la sienne» et puis « Il vaut mieux s'en aller la tête basse que les pieds devant. »

 

Bon je rentre dormir et remettre mes idées et mes répliques en place.

Musika nota bat

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bizia musika nota bat

Nonbaiteko napar jota

galdutako lagun baten gaita

Berriz entzungo dugu noizbat

 

Entzun agota zaharra kantatzen

Arrantzaleen emazte kaskarrota

Buruan saskia hartu eta bidea jota

Bere bizia bertsuz egunero arintzen

 

Berdin da zurea, bi edo lau eskutan jotzea

Erromantikoa edota egun beltzen nigarra

Arimaren malko edo itxaropen melodia

Biziaren momentuko kolore, eta aire da

 

Gau erdian idazten den isiltasun himnoa

konzertu bakartiarra ezin baita ahantzi

barrutik, sustraietatik, ezerretik da jauzi

Atzo eta bihar poesiaren musika da asmoa

 

Lau teilatu, gitarraren deia ilargia piztuz

Bihotza artista, gorputza desira eske

Maitasun giltza nota batean bahituko luke

Melodia, kantu guziak dira hortik abiatzen

 

Musika heriotza berak ereman ezingo du

Bizian besterik ez da bera bezala irauten

Dena da hemen desegiten hauts bihurtzen

Musika denboratik kanpo da, ezin da ahuldu

 

Ohainen dantzak lurra eta ura ezkontzen

Dubussyren sinfonia eta haizea pianista

Lurra eta ura et ni musikari ilusionista

Beti armonia ildo galduetan xekatzen

 

Bizia egun batez izango ote da akordio

Goizeko ihintzarekin txoriaren xistu

Arlo berriaren mezulari, bai amestu

Dena izango litaike orduan amodio

 

M’allonger sur l’herbe

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Regarde-les courir, ils fuient la vie

Dans cette course insensée

A la poursuite de chimères inutiles

Ils comptent les heures, qui tuent

Et oublies le temps de vivre

Ils ont tout effacé de leur cerveau

Tout ce qui fait l’essence même de cette vie

Ils tournent en rond, au bord du précipice

Déjà mort avant de naitre sans jamais être

Pauvre damnés de la terre vous êtes en sursis

Allez dans vos tours d’ivoire et de glace

Enfermez-vous derrière vos écrans

Pariez en bourse, investissez dans le CAC 40

Parez-vous d’artifices et de superflus

Soyez à la dernière mode sur la place

Et vous tous, qui voulez chaque jour

M’enfermer dans vos boites

Dans vos idéologies,

Dans vos morales

Dans vos principes

Et vos religions.

Moi je vous laisse, je pars !

Je vais m’allonger sur l’herbe

Dans un champ de pâquerettes

En compagnie des coccinelles

Je vais dessiner au dessus de ma tête

Des nuages de soies

Au parfum de lavande

Au souvenir d’une enfance lointaine

Je vais inviter le vent

A caresser ma peau

Je vais lui demander

De m’offrir un peu de folie

De me faire tourner la tête

Comme un manège

Pour qu’il m’allège

Je vais lui demander

De me jouer une symphonie

C’est décidé, je m’allonge sur l’herbe

Je vais écouter la beauté du silence

Écouter le souffle du bonheur

Juste là au dessus de moi

Sans besoin de rien, en suffisance

Toi, si tu décides de t’allonger sur l’herbe avec moi,

Comme ça pour le plaisir de se sentir en vie

Nous y laisserons nos soucis d’adultes

Pour y retrouver nos rêves d’enfants

Là, heureux d’être simplement bien

Nous y construirons des châteaux en Espagne

Des Cathédrales au feuillage de chêne centenaire

Un instant, nous pourrons oublier tous les autres

Qui s’agitent, comme si nous étions seuls au monde

 

 

Begira oldearen korrika, biziari ihes

Korrika ero horretan

Baliogabe amets faltsuen ondotik
ahantziz bizi denbora
beren burufunietik dena desegin dute

Biziaren lilura egiten duen guzia

Itzulika zabiltza denak amildegi bazterran
sortu aitzin jadanik hilak, iñoiz izan gabe
mundu honetako damnatuak epe motzeko zarete
sartu zuen izotz eta bolizko dorretan
gorde zaizte zuen pantailen atzean
jokatu burtsan eta dirua ezarri CAC 40an
jantzi gehiegikeriz eta artifizioz
azken modan ezarri kalean

Eta zuek, egunero nahi didazuenak
zuen kutxetan presondegiratu
zuen ideologietan

Zuen moraletan

Zuen printzipiotan

Eta zuen erreligioetan
nik uzten zaituztet, banoa

Belarrean luzatzera
bazko-lili soro batean
Mari gorringoekin
nere buru gainean margotuko ditut
zetazko hodeiak
beratxet usainean
haurtasun oroitzapenean
Haizea gomitatuko dut
nere larrua ferekatzera
eskatuko diot

Erokeri goxo pixkat
buruak hegal egin dezan
zaldiko-maldiko bat bezala
arintzeko bizia
eskatuko diot

Melodia bat

Sinfonia bat
belarrean luzatzea erabaki dut
isiltasuna entzuteko

Poztasunaren arnasa
hor justu nere gainean
ezer gehiago behar gabe
Zuk nirekin belarrean luzatzea erabakitzen baduzu
horrela ezer gabe bizirik senditzeko
helduen arazoak utziko ditugu
haur ametsak berriz pizteko
hor uros, sinpleko ongi
eraikiko ditugu kolorezko gazteluak
zuhaitz hostozko katedralak
gizartea ahantziko dugu momentu batez

Munduan bakarrik bagine bezala.

Aske

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nahiko nuke izan aske

Zuk nola egin badakizu?

Otoi erranen didazu

Non hasten da denen bake

 

Galduko naizela balitaike

Gau gordinean naukazu

Hau dena daukat pizu

Batzuk esan didate jotake!

 

Hor nabil dantza eske

Eta non zaude… aizu

Ikusi eta ez jakin nortzu

Aska kanta asmatuko luke

 

Eta erran behar... ez nuke

Nahi betiko galdu zentzu

Hau dena noren zerbitzu

Azkenean dena baita ke

 

Nork daki heriotza litaike

Gure azken bide mezu

Eta askatasuna bazira zu?

Nere arnasa eman nizuke

 

Gizakiak ezin izan aske

Haize hutsa dakarzu

Ezerean zer aurkitu duzu?

Ezerak zerbait baluke?

 

Askatasuna desegiteke

Betetik baita antzu

Sortzetik badakizu

Beste modu ezin ditake

 

Soka bati lotua legoke

Nere ametsa loturik didazu

Bizi osoa hortik banauzu

Lasai izango naiz aske

Un je t’aime

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est où le temps des je t’aime

Tumulte et triste dramaturgie

Aux couleurs de la nostalgie

Des mortes chrysanthèmes

 

Et s’envole un je t’aime

Quand tout s’obscurcit

Quand il est en acrobatie

Quand il n’est plus un poème

 

Il se noie seul un je t’aime

Le regard abasourdi

Cruellement assourdi

Par nos maudits dilemmes

 

Oublier pour toujours, je t’aime

Il ne veut plus être séduit

Il sombre dans l’ennuie

Envolé à jamais les id’aime

 

Oublier de la mémoire les je t’aime

Ils sont dans l’océan de l’Atlantis

Bien au fin fond engloutis

Dans des vagues de larmes

 

Fallait pas croire éternel un je t’aime

C’est fragile comme la jalousie

C’est à chaque seconde en sursis

Comme au cœur un œdème

 

Quand sont partis les je t’aime

Dans la brume évanouie

Roulés dans le cambouis

Il est ou dans le ciel, le septième ?

 

Ils sont morts les je t’aime

Perdus au fin fond de la nuit

Lentement en chimère réduit

L’amour n’est plus bohème

 

Des blocs de pierre

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des barricades en blocs de pierre pour accueil

Sous des ponts, un manque d’humanité

Pour cacher la misère, par la brutalité

Dans ce monde fou, l’amour est en deuil

 

Des barbelés et des blocs de pierre

Au lieu des couvertures et des tentes

Et toujours cette question envoûtante

Où est notre fraternité ? Dans un cimetière !

 

Des blocs de pierre comme toute réponse

A toi le migrant qui n’a même plus le droit

A cette simple dignité d’avoir un endroit

Même là où les rats se cachent et se reposent

 

Des blocs de pierre par manque de solidarité

De l’indifférence à ton malheur et ta détresse

Et c’est notre société qui lentement régresse

Ce n’est pourtant pas difficile, un peu d’hospitalité

Emaztetasuna

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

Bere begietan gaztetasuna
Baita urteen zimurrak

Mendeak gainditu ditu

Ta bizirik iraun du
Gezurrek ez dute suntsitu

Edozoin izanik sorterria

Esklabo edo aske da
Zer da idatzia
Edozoin gizartean

Edo klase sozialetan

Kontsomailtzailea da

Edo gozamen da
Herriaren arabera
Kulturen arabera
Lore hauskor galdua

Edo zuhatz sendoa

 

Bainan denen gainetik

Ta hori lehenlehenik

Betiko emazte da
Lur guzien ahizpa
Biziaren iturria

Bera gabe ezin bizia

Ikus emazte begirada

Itsas haizeetan

Izar, iduzkietan
Entzun emazte bihotza

Haurraren malkoetan
Euri ttanttetan
Uki emazte dirdira

Apirilako arrosetan

Udako ximistetan

Azken elurretan

Irakur emazte gogoa
Gaueko illuntasunetan

Bere isiltasunetan

Bere irrietan

Eguneroko arnasetan

Egunez-egun begira

Bere emazte indarra

Emaztetasuna.

Kanta zak

Ttotte Etxebeste —

Gauaren erdian nigarrez ari den haurra

Sukarrak jana, bere esku ttiki xuriak luzaturik

Amaren sehaska kantak dio ekarri lasaitasuna

Ahots horren xaramelak ez du ekartzen izurik.

 

Tsunami batek uholdean dena erematen duelarik

Suntsitu dituelarik bizi osoak, zer gelditzen da?

Berriz eraiki behar denean, altxatu behar delarik

Zauri guzien artetik entzuten da nonbait lehen kantua.

 

Artzaina mendi erdian artaldearen zaindari delarik

Laborariak soroan udako belarrak bilduta

Mendez-mende zuen betiko izerdien iturritik

Haizearen xistuak dakarkio laguntasuna.

 

Langileak lan ta lan dabiltza egunero bizkarra makurturik

Greba egunetan karrikan dago aldarrikapena

Nagusi baten aginduak isiltasunean pairaturik

Borrokarako doinua daukazu gogor eskutan lotua.

 

Politikarien ahotsa behin betiko dagoenean isildurik

Ilunpean gitarra zahar batek du hartu soinua

Herri zanpatuak burdinez loturik, beldurrez mututurik

Udaberri iraultza datorrenean, kantuak dauka irabazia.

 

Kanta zak lagun! Kanta zak dena desegin denean!

Kantua gelditzen baita bizian, kanta zak, kanta!

Moi fils de Murcia

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

Moi fils de Murcia

Dès la naissance dans le couffin
enfant de la misère et de la faim

 

Moi fils de Murcia

A qui on a apprit les règles

Et à manger le vieux seigle

 

Moi fils de Murcia

L’esprit ciselé par la terre

Le corps qui a su se taire

 

Moi fils de Murcia

Forgé sur les enclumes

Torrentielle de larmes

 

Moi fils de Murcia

Fils perdu de galère

De la sueur et de la colère

 

Moi fils de Murcia

Gueule noire de la mine

Celui qu’on extermine
 

Moi fils de Murcia

Chaque jour par les racines

Lentement on assassine

 

Moi fils de Murcia

La peau tannée comme un maure

Allant de la vie à la mort


Moi fils de Murcia

Les vents du peuple me portent

Avec la révolte comme escorte

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