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Histoires courtes

Histoires courtes

Bidaia poetikoa

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La tapineuse

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle m’est apparue,

Venue de nulle part.

Sortie d’un brouillard

Un jour de pluie,

De blues.

Elle avait le regard

D’une aguicheuse

D’une petite garce

Roulée

Comme une bombasse.

Des seins qui pointaient,

Insolemment vallonnés.

Elle voulait m’attirer

Dans ses filets

M’embarquer

Pour un voyage

Sans retour.

Et moi, je n’aime pas

Les voyages

Sans retour !

Elle a dansé, volage,

A vouloir me séduire.

A l’écouter me baratiner

Je n’y ai pas cru.

Un truc ne collait pas

Chez cette nana.

Peut être que…

Si mon blues

Avait été plus noir

je l’aurais suivi.

Mais là non !

Alors, je lui ai tourné les talons

Et je m’en suis allé,

Continuer ma vie

Avec mes jours de blues

Et mes jours de folies.

Avec un cœur qui bat

A la vie

Sur un air de samba.

Loin d’elle,

Cette petite tapineuse,

La faucheuse.

Dilemme

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis cette ombre inaccessible

Qui voyage dans ma mémoire

Itinéraire solitaire de l’inespoir

Dans ce naufrage d’un soi  invisible.

 

L’innocence de l’enfance perdue

Au fil d’un temps qui passe assassin

Comme s’estompe des traits au fusain

Sur le tapis de la vie au sang répandu.

 

Je suis cette imperceptible question

Qui brûle l’âme d’une plainte lancinante

Et pourtant étrangement fascinante 

Des nuits sans sommeil, de divagations.

 

Perdu à tout jamais dans la solitude

De l’inutile dilemme d’être ou ne pas être 

Pour au final dans l’abandon admettre

Que je n’aurai jamais aucune certitude.

 

Je suis cette passagère clandestine

Introduite à la naissance par infraction

Pour faire surgir en moi cette contradiction

Qui chaque jour sur mes contours se redessine.

 

Cet océan déchainé de réel et de cauchemar

Ce tourment qui me noie, me fait vaciller

A vouloir saisir le temps qui coule dans le sablier

Tourbillon de folie qui me fait perdre les amarres.

New York

Ttotte Etxebeste —

Par un après-midi de juin à Paris, tu te balades, tu flânes à la recherche, de l’instant, d’une lumière, d’une inspiration. Tu vas ainsi du Pont des Arts jusqu’au Pavillon de Flore et de là, tu poursuis ton chemin en longeant Les Lavoirs à Pont Royal. Tu connais la mélancolie, de la vie parisienne et la solitude, et au bistro tu as échoué, ou bien encore au Louvre pendant un orage. Et par un soir un soir bleu, sur le quai des Grands Augustins, des noctambules t’ont vu déambuler.

 

Un matin,  dans une chambre pour touristes, tu as décidé de repartir vers New York, ta ville. C’était l’été lorsque tu arrivas.  La ville, au mois d’aout, s’illuminait pour toi. Dans ta chambre d’hôtel où passait un train aérien, tu repensas à elle. Tu voulus changer d’air, tu descendis l’escalier, traversas la rue et au coin de la pharmacie, tu tournas pour rejoindre le cinéma à New York. Tu t’installas dans la pénombre de la salle où ils projetaient un tramway nommé désir ; tu l’oublias le temps du film et à la sortie du cinéma elle hanta à nouveau tes pensées, la jeune fille à la machine à coudre. Tu devais la retrouver, la revoir. Tu savais qu’elle habitait la maison au bord de la voie ferrée. Tu courus jusqu'à elle comme un automate, à en perdre haleine. Et tout en courant, tu te souvins du show féminin qu’elle faisait juste pour toi. Par la fenêtre tu la vis, assise à sa machine à coudre. Tu frappas à la porte. Lorsqu’elle ouvrit, son visage s’illumina. Elle t’enlaça, t’embrassa à n’en plus finir. « Tu es de retour enfin » te dit-elle.

 

Il était sept heures du matin, après une nuit entière à faire l’amour. Elle se leva t’abandonnant dans son lit. Elle prit la voiture et fit le plein d’essence. Lorsqu’elle revint, elle te lança « viens je t’amène en Pennsylvanie ». Elle voulait te montrer un village américain que tu devais peindre absolument. Vous rouliez depuis des heures lorsque vous passâtes devant le phare de Two Lights. « Arrête-toi ! Je veux voir la houle ! » Elle s’arrêta. Les gens au soleil se baladaient. Deux comédiens faisaient un spectacle de rue à des passants indifférents. Vous prirent dans un hôtel, une chambre au deuxième étage dans la lumière du soleil, avec vue sur la mer.

 

L’été s’écoula dans la douceur de la Pennsylvanie. Ce fut votre plus bel été. Cette année là tu commenças à peindre cette société américaine, avec ta mélancolie, avec cette dualité entre la nature et le monde moderne.

La ballade de Barbara

Ttotte Etxebeste —

 

C’était à Saint Lazare ce matin là, un quatre novembre, elle lui cria attendez moi que je revienne, sur ce quai de la gare de Lyon, mais l’homme en habit rouge s’éloignait déjà. Et elle, elle partait pour Vienne, pour une valse grise. Au revoir lui dit-elle du regard sans un mot, avec une mélancolie dans le cœur, elle soupira : « Ah ce qu’on s’aimait ! » et tout à coup un soleil noir traversa le ciel. Cet assassin, était ma plus belle histoire d’amour, pensa-t-elle. Elle aurait voulu lui écrire des litanies pour un retour, mais il était déjà loin il n’était plus qu’un passant. Et elle, qu’une rêveuse de parloir.

 

Elle traversa le verger en Lorraine en rêvant au bois de Saint Amand et plus rien n’avait d’importance puisque tout n’était que poudre de perlimpinpin. Aux abords de Göttingen elle eu un pincement au cœur, elle se souvint du temps où en automne elle vendait des petits gâteaux, en douce. Elle repensât à lui  un bref instant, pauvre Martin !

 

Dans les rues de Vienne, seule, avec dans la tête mille chevaux d’écume elle se murmurait j’ai tué l’amour, je ne sais pas te dire je t’aime. Elle s’aventura dans le chouette quartier et croisa le vieux monsieur Victor qui lui dit oublie cette romance et allons boire de l’absinthe. Tu es une belle dame brune et au dessus de toi vole un aigle noir. Elle s’en alla avec lui oublier le mal de vivre !

Quand la vie...

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand la vie est un socle

Écrasant de questions

Une machine impossible

A remonter dans le temps

Qui se perd dans l’abîme.

Qu’importe…

Récolte ce qu’il faut d’amour

Puisque tu dois vivre

Sans oublier de mettre

Ce qu’il faut de révolte

Sans jamais te soumettre

Sans oublier de mettre

Ni le poivre ni le sel

Les jours de pluie, d’orage

Ni le sucre ni le miel

Les jours d’espoir, de courage

Et surtout n’oublie pas

D’où tu viens

Et si ton poing se brise

Sous le chagrin

Trace ton chemin

Marche le long de ta vie

Comme dans un jeu de quilles

Avance tête haute

Libre, insoumis

Marche jusqu'à la fin

Puisque la vie

Est éphémère

Ne t’abandonne pas

A la haine qui détruit

Ne te perd pas

Dans les broussailles

De la peur

Cherche la flamme

Qui allège l’âme

La chaleur

D’une main qui se tend.

Avance toujours debout

Comme un cheval andalou

Dresse-toi

Les poings serrés

S’il le faut…

Et vis ! 

Ma solitude et moi

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma solitude et moi

Nous ne nous quittons plus

Liés l’un à l’autre

Cousus à la même peau.

Les rues des villes

Nous absorbent

Et nous rendent

Transparents.

Nous marchons

Dans des pas perdus

Qui ne mènent nulle part.

Je ne sais plus

si c’est le poids

de ma solitude

qui me fait me courber

ou si c’est moi qui tombe.

Il n’y a plus que les nuages

Sombres et gris

Qui nous caressent.

Je me jetterais bien

Dans un précipice

Pour voir

Lequel de nous deux

Plongerait le plus vite ?

Je crois plutôt

Qu’on va aller se saouler

Et nous perdre

Dans un bar enfumé

Ma solitude et moi.

Nire bakardadea eta biok

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nire bakardadea eta biok

Ez gara elkar uzten

Bat-besteari lotua

Larru berdinean josia.

Hirietako kaleek

Ez gaituzte ikusten

Ez gara gehiago hor.

Urrats galduen bideetan

Gabiltza gu biok.

Bere pisuak dit

Gorputza makurtzen ?

Edo ni naiz ari erortzen ?

Laino beltzek

Gaituzte laztatzen

Gau beltzetan.

Amildegi baten hutsera

Botako nuke nere burua

Ikusteko zinez

Zein eraisten den lehenik

Nire bakardadea edo ni ?

Anartean bera eta biok

Tarbena ketsu batean

Alkoolaren zorabioan

Galduko gira.

demoiselle

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est une demoiselle

Vous savez bien, celle

Qui vous donne des ailes

Et le cœur  hirondelle.

Une île

Ttotte Etxebeste —

C’est une montagne surgissant au milieu de la mer, illuminée par un soleil levant. Elle s’élève seule au milieu des eaux dans une fierté majestueuse. Elle s’impose de roc et de sable au milieu de la méditerranée. Que vous la survoliez ou que vous l’abordiez par la mer, elle vous submerge d’émotions. A la seconde où je l’ai découverte, j’ai compris pourquoi on lui avait donné le nom de « l’Ile de beauté » ! Mais en vérité, elle est bien plus qu’île de beauté, elle est une île rebelle ! Elle a encore les vestiges de ses tours génoises qui montent la garde, défendant les côtes de l’arrivée de nouveaux envahisseurs.

 

J’ai pris ses routes sinueuses pour la parcourir, pour humer son air, j’ai été subjugué par sa beauté sauvage.  Sa rudesse est visible dans chaque rocher et dans chaque défilé. Les paysages sont empreints d’histoires et de mystère. Il y a dans les couleurs, dans les parfums, quelque chose de profond, de fort et de beau à la fois.

 

Dans les villages que j’ai traversés, les maisons aux volets clos parlent d’un pays silencieux. Les murs sont gravés par les drames d’hier et d’aujourd’hui, par les drames d’un peuple, mille fois bafoué, assassiné et pourtant toujours debout. Les vieilles sans âge, toute de noire vêtue, ressemblent étrangement aux vieilles sans âge de chez moi. Elles sont la mémoire vivante, la transmission orale d’un peuple de bergers. Depuis les premiers arrivants de Filitosa à Pascal Paoli en passant par Ghjuva Batti Acquaviva, ce peuple a forgé son histoire et son destin. Il vous suffit de regarder ces paysages, ces hommes et ces femmes pour comprendre que ce peuple ne sera jamais soumis ! Il y a en lui, la détermination, un attachement invisible que rien ni personne ne pourra asservir.

 

Le maquis. Ce mot sonne comme une chanson de résistance. Il a une senteur de lavande, de ciste, de genêts et d’hélichryses immortelles qui vous imprègnent. Vous comprendrez pourquoi un vieil empereur que je ne nommerai pas ici, a dit qu'il serait en mesure de reconnaître son île natale à sa seule odeur. L’âme Corse est dans ces maquis, il n’y a pas de doute. Elle est île d’oliviers, de bruyères, de forêts de châtaigniers, de chênes et de mandariniers. Sur les flancs des rochers s’accrochent des nopals comme suspendus dans le temps et sur les plages fleurissent des figues marines qui embaument la méditerranée.

 

C’est un peuple qui chante beaucoup plus ses drames que ses joies, qui ne danse pas mais qui porte le poids de son histoire. Ce peuple, on le dit fermé, mais, celui qui sait l’écouter, le comprendre et le respecter, découvrira alors un peuple au grand cœur.

Gona arinak

Ttotte Etxebeste —

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Udako iduzkiak

kolorez bete ditu

Bizi, arimak.

Ostatu terrazak

galkatu dira.

Aire epela

Fereka dabil

Gure larru azala.

Kaleetan emazteek

Beren gona arinak

Haizeak dantzan

Ezartzen ditu.

Mutilen begiek

Zorabilatuz.

Nesken gona arinek

Mundua itzulika

Betidanik darabilate.

Udarekin gona arinen

Soka dantza dugu.

 

Eta zu…

zure gona arinarekin

Belarrean luzatzen

Zarenean gorputza

Iduzkiari eskainia.

Nere bihotza

Sukarrez ezartzen duzu.

Nere eskuak

zure gonaren azpian

zure irriñoarekin

bidaiatzen

gomitatzen dizkidazunean

Udako zure gona arinarekin.

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