Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Histoires courtes

Histoires courtes

Bidaia poetikoa

Balade littéraire

Ttotte Etxebeste —

 

Nous étions en l’an 1984, je venais de faire un incroyable voyage au bout de la nuit,  et pourtant, je ne sais pas pourquoi, au petit matin, j’avais la gueule de bois, celui de l’étranger rejeté de partout. Les hauts de hurle-vent dans la tête, comme un fracas, une divine comédie, c’était la fin des grandes espérances, j’assistais au commencement  d’un monde qui s’effondre. Tout était devenu un marécage entre  le rouge et le noir. L’orgueil et les préjugés avaient envahi les âmes mortes. Nous étions les enfants de minuit, à la recherche du temps perdu. L’aveuglement nous avait fait oublier la vie et opinions, nous vivions les métamorphoses et des questionnements de la conscience de Zéno.  Certains pleuraient la mort d’Ivan Illitch et moi dans la solitude du petit matin, je rêvais d’Anna Karenina. Il n’y avait pas à dire, on vivait l’amour au temps du cholera.

 

Je décidais donc de faire la promenade au phare et d’aller voir le roi Lear, pour qu’il me conte les mille et une nuits et la Légende des siècles. Il me regarda d’un air sombre  et me dit tu me sembles aussi torturé qu’Othello ! Tu devrais oublier le Carnet d’or et aller à la recherche de la montagne magique. Va voir le père Goriot, il te parlera de l’homme invisible et te dira pour qui chantes-tu et tu comprendras mieux  l’idiot. Je m’exécutais et me rendis voir le père Goriot, il m’écouta et me dit à son tour, oublie les possédés, le bruit et la fureur.

 

Pourtant, dans ma tête frappait le tambour de la faim, comme le grondement de la montagne. Peut être que le vieux Alexis Zorba lui saurait, comme le vieil homme et la mer je pris ma barque vers les rivages de Zorba. Après mon Odyssée, j’atteignis la côte, je venais à lui après cent ans de solitude. Je m’étais battu contre des moulins à vent tel un Don Quichotte. Depuis longtemps, j’avais perdu le livre du peuple et j’étais devenu, dans ce monde à la dérive, l’homme sans qualités.  Il me dit simplement que tout cela c'était la storia. Il se mit à danser dans un fou rire à faire trembler la terre.

 

Il ne me restait plus qu’une seule solution, la seule qui vaille vraiment dans cette vie. Je pris une feuille d’herbe et me précipitais dans les bras de Madame de Bovary. Je lui demandais qu’elle m’offre une éducation sentimentale et pour elle, je serai amant et fils. Que dans la pénombre de la nuit, nous ferions la guerre et paix

Dans des temps anciens

Ttotte Etxebeste —

Dans des temps anciens, un peuple vivait ici avec ses croyances, ses légendes. La Terre Mère était la déesse de toute vie, elle était la fécondité. La déesse de la Terre nourricière avait deux enfants, Ekhi «le Soleil »  et  Ilargi  «la Lune».  Plus que des divinités, ce peuple adorait les forces et les esprits de la nature. Il avait compris qu’il devait vivre de la mère nature, des saisons, et des éléments. En les respectant, il pouvait vivre en harmonie avec elle, et obtenir d’elle la subsistance.

 

Un jour, venant d’ailleurs, des prédicateurs imposèrent à ce peuple d’oublier, de renier ses croyances, pour croire en un dieu de colère, de punition, de terreur. Libre d’esprit, le peuple résista à ce dieu qu’il ne comprenait pas, car ne représentait ni le soleil, ni la terre mère. Alors les envahisseurs érigèrent des bûchers, brulèrent, assassinèrent au nom de ce nouveau dieu. Au fil des siècles, ce nouveau dieu fut imposé. Ces hommes venus d’ailleurs ont construit des églises dans les villes et les villages, alors que ce peuple avait ses temples ouverts au ciel, aux étoiles, sans mur, sans or.

 

Ailleurs dans le monde, les mêmes prédicateurs ou d’autres ont imposé leur dieu. Ils ont assassiné des cultures, des esprits venant de la Terre Mère, pour imposer un dieu unique et irréel. Pour faire disparaitre les traces des sagesses anciennes, ils ont édifié des églises, des synagogues et des mosquées. Ils ont obligés à vénérer des statuts de bronze ou d’or.

 

En ces temps de folies, de haines, de terreurs, ou on tue, on terrorise au nom de la religion des uns ou des autres, voulant imposer la sienne par la force. Laissez-moi croire en l’humain, au soleil, à la lune, au vent, à la terre, à l’eau qui eux sont bien réels et si indispensables. Laissez-moi m’enivrer de plaisir, de sensualité et d’éclats de rire. Laissez-moi croquer cette vie et la savourer. Et lorsque mon heure viendra, que le vent m’emporte et qu’il disperse mes cendres sur la terre et sur les océans qui m’ont tant émerveillé de mon vivant.

Herri hizkuntza

Ttotte Etxebeste —

Herri hizkuntza

Etxeko arbatza

Udako ortzantza

Batzutan bortitza

Beti adixkidantza

Ama baten hitza

Haurraren jaiotza

Bihotz gorputza

Arimaren kalitza

Bizi baldintza

Biharko giltza

Izanik hankamotza

Sustraia aditza

Hostoa ametza

Hartu lapitza

Margotu jakintza

Kolore anitza

Betiko aitortza

Mendeak daramatza

Izaiten iparorratza

Inoiz ez arrotza

Dauka begi beltza

Ez eman heriotza

Etorri artean jabetza

Zuk ere mintza

Herri hizkuntza 

Sous un carton

Ttotte Etxebeste —

La ville est suspendue dans la brume, les passants courent, protégés sous leur parapluie. La ville aveugle s’agite sans le voir. Sous son porche, sous son tas de cartons, il est invisible. Il se demande même si un jour il a existé. C’est un échoué de la société, un enfant perdu, un abandonné. Certains diront même, un faible ! Et pourtant, avant tout c’est un homme !

 

 

Il se bat encore pour survivre, du moins il le croit. Il sait déjà qu’il a perdu sa dignité mais il s’en fout, il lui reste sa bouteille pour oublier toute cette merde, cette déchéance. Il y a longtemps qu’il a touché le fond, il ne peut pas tomber plus bas, il ne lui reste que la mort, et elle ne sera pas pire que cette vie. Son corps meurtri a perdu la bataille contre le froid. Combien fait-il ? Deux, trois, quatre degrés au-dessous de zéro, moins encore sous la lame de couteau du vent ! Ses pieds sont lourds, son crâne douloureux, il est gelé. Ses jambes, son dos, son estomac lui font mal, son corps entier est contracté contre l’hiver.

 

Et les passants courent, ils vont et viennent et lui est toujours là, invisible. Nous vivons dans deux mondes parallèles, lui hors de la société et nous dans un monde de consommations. Nous courront toujours, espérant que nous n’échouerons pas dans son monde. Et si par hasard, au détour d’un trottoir, nous croisons, un instant de trop, son regard, sa crasse, le vertige de la peur nous claque au visage…et si c’était nous demain ?

 

Lui ne se pose plus la question, il est assis sur ce sol glacé, dans cette ville de murs et de glace. Le froid est à l’intérieur de lui, ses vêtements, sa peau, ses cheveux sont mouillés. C’est un homme transformé en chiffon, en serpillière, comme un papier mouillé dans le caniveau.

 

Nous, nous déambulons ; les courses à faire, un dossier à boucler pour demain. Les lumières s’allument, et la ville prend son habit de nuit. Dans les tours on s’agite, la télé nous envoie des images de poupées dénudées et de grosses voitures, des pubs pour un parfum.

 

Lui somnole sous son carton, toute sa fortune dans un vieux caddy. Il est une ombre enveloppée de chiffons, un corps gisant au-delà de la torpeur dans cette petite mort qui est en lui. Pourtant il sait que dans la rue, on ne dort pas, on sommeille, dans une odeur d’urine, de sueur et de crasse, la trouille au ventre. Il redoute de se faire massacrer par un autre aussi miséreux que lui, ou pire par une bande de taré au crane rasé et au relent nazi. Il est cette ombre qui fait peur aux autres. Lui aussi a peur de lui, de ses cauchemars.

 

Il se fait tard, les lumières s’éteignent dans les tours, la télé s’est tue. On se blottit sous nos couettes, le chauffage à 20°, on ferme les stores ; il ne faut pas qu’entre la misère. Et pourtant, silencieuse, elle avance. Insidieusement, elle s’approche de plus en plus de nos tours.

 

Lui, dans l’obscurité de la rue, attend toujours que passent les bénévoles du Samu social. Ils lui donneront une soupe chaude et un café, et surtout ils lui parleront. Il aime qu’on lui parle, car c’est fatiguant de se parler à soi-même. Puis, il attendra qu’arrive le petit jour en espérant, ou peut-être pas, d’être en vie encore un jour de plus !

 

Alors demain, si tu le croises, ne détournes pas la tête, offres-lui un café chaud et surtout fais-lui un sourire, parles-lui, il est comme toi et moi, avec juste un peu plus de malchance que nous. C'est un homme !

XXIgarren mendeko nigar triste bat da

Ttotte Etxebeste —

Hau ez da XIXgarren mendeko kantu beltz bat

Hau XXIgarren mendeko nigar triste bat da

Aspalditik ez zineten gehiago emazte, gizon

Multinazionalek formatutako zenbakiak baizik

Emankortasuna, neurkada burumuinetan sarrazia

Zuen etxeetan zenituzten hiru edo lau haur hazteko

Beste hainbeste kredito bizkar gainean pagatzeko

Bankoek ta sistemak abilki, maltzurki onartaraziak

Goizetik arratsera ari zineten lan ta lan gate luzeetan

Zuen esku trebeak beren makinetan endurtzeatuak

Zuen izerdiekin, zuen malkoekin irabazitako dirua

CAC40ean ezartzen zituzten, han baita beren jainkoa.

Abisurik gabe, ezer erran gabe itxi dituzte fabrikak

Gauean ereman dituzte zuen eguneroko makinak

Mundu puntan aurkitu dituzte zuek baino xumeagoak

Zuen eskuak trebeak ziren, mundu puntakoen gosea handiago

Alde egin dute zuek hor utziz kale erdian, jakin gabe zer egingo

Gure hiri ta herrietan agertu dira bihotzeko ostatuak

Zuek ere hartuko dituzue, ahalgeak jana, ostatu horien bideak

Zorrak ezin ordaindu, gosez haurrak nigarrez

Bide galdu horietan beste ainitz bezala ilara luzeak eginez

Zuen arteko batzuek zilo zolan bukatuko dute dena galdurik

Arno minkor bat ondoan kartoi bat eskutan «gose naiz» idatzirik

Berant gauean alkolaren lainoetan zubi azpi batean dira loakartuko

Goiz batez kale busti batean norbaitek aurkitu arte hotzez hilak

Hau ez da XIXgarren mendeko kantu beltz bat,

Hau XXIgarren mendeko nigar triste bat da

Article publié depuis Overblog

Ttotte Etxebeste —

Dudarik gabe antikolonialista
beste bizi batean karlista
artetan ere errealista
segur ez espainolista
ez eta fatalista
zuek erranen naizen formalista
bizi osoa idealista

Emazteak maite, beraz feminista
txuleta baten aitzinean indibidualista
goizean goiz antikapitalista

arratsaldetan humanista

gorri, gorrizko anarkista

bukatuko dut Sabinista

zergatik ez ere tradizionalista

osoki nazionalista

kontuz ez naizen nihilista

Hitz hauek idaztean surealista

Behar nuke ikusi psikanalista 

Hirietako Kale ustelak

Ttotte Etxebeste —

Hirietako Kale ustel eta zikinak jotzen dituzu

Takoi orratzak oihetan, bularrak erdi kanpo

Berdin zaizu izan dadin neguko gau hotza

edo udako gau epela, zuretzat ez dago izarrik

Ezpainak margotzen dituzu, su gorri biziaren nazka

Zure gorputza daukazu mila txikotzeek higatua

Bide bazterrean auto, kamioi bat, denean gelditzen

Argiak itzalik berin bat denean zure parean jeisten

Betiko galdera, zenbat hartzen duzu ordu batentzat?

Kapotarik gabe egiten ote duzu? Gustuko duelako

Gizon ezezagunaren fantasma ergela gozatzeko

Ehun euro triste baino gehiago ez baituzu balio

zure biziaz axolatu gabe, bereak dauka garrantzi

gibeleko alki batean luzatuko orots baten nahiak

gozatuko dituzu bere izerdi usain txar atzeraraziz

larrua joko duzue, pagatu, begirada bat gabe joan da

Gona motza jeisten duzu ezpainak berriz gorritzen

Zigarro bat gauean pizten sakonetik kea irensten

Beste auto, kamioi baten zain berriz kalea jotzen

Zenbat eskuk ta buztanek dute zure gorputza zikinduko

Eme galdu bat zara denentzat, beren fantasmen jostailu

Ezin dute ikusi zutan dagoen emaztea, nor zaren benetan

Egun batez ihes egingo duzu kale ustel eta zikin horietatik

Ez bada egia ere, nahi duzu amestu, nahi zinuke atera hortik

Éphémère

Ttotte Etxebeste —

Ici bas tout est éphémère

Dès la création d’un blastomère

Tout se retire comme une mer

Même si ça a un goût amer

Tu ne peux faire marche arrière

La vie elle même est une chimère

Inutile d’être téméraire

C’est pisser sur un réverbère

Que tu sois prolétaire

Révolutionnaire

Réactionnaire

Enfoiré de parlementaire

Ou même missionnaire

Même si tu es lunaire

Pas de remède de grand-mère

N’écoute pas les commères

Qui te diront le contraire

Nous sommes ici temporaires

Tu ne seras jamais bicentenaire

Il te faudra prendre le funiculaire

Tout fini dans un trou d’air

Seuls les souvenirs sont millénaires

Alors fait l’amour au bord de l’estuaire

Vit comme un guerrier, une guerrière

Torturaren garrasia

Ttotte Etxebeste —

Nonbait entzuten dugu Schumannen melodia piano batek joa

Guk kuarteleko gerritak pasa ditugu armaz ta zakurrez inguratuak

Piza usainez ta odolez uherturiko zeldan batean bota gaituzte

Ongi etorri gisa, beste ezezagun ta jadanik anai batzuen garrasiak.

 

Armadunek zerrizilotik erauzten gaituzte bortxaz, poltxa bat buruan

Ez ditugu ikusten, beren izerdi usainak aski jakiteko hor daudela

Garrasika, kolpeak, mehatxuak, ostiak, intimidazioak beren hizkuntza

Gu larru hutsik beren jostailu, begiak itsuturik lau patak haien ordenetan.

 

Zenbat mende hemen gaudela erokeri honen erdian egun ala gau ote da

Gure gorputzak kolpeek anestesiatuak, buru bihotzak beldurrez estutuak

Gako arrabots guziz dardarika saltoa, ikaratua zer asmatuko duten oraindik

Beti poltsa buruan itogarri, zangotik zintzirik ezarri gaituzte, noiz dator heriotza.

 

Hemendik kanpo iduzkia jeikitzen ote da oraindik egunsentiarekin itsas gainean

Haur baten eskuek Schumannen melodia piano batean jotzen ote dute beti

Euriak maitearen gorputzak bustitzen ditu eskuz-esku daudenean beren korrikan

Amets txar honek bukaera baten hastapena ba ote du noizbait, ezin dugu gehiago

 

Orain ipurditik, alutik arma motz eta hotzak sartzen dizkigute haien herrarekin

Ura, elektrika kargak, debaldetako galderak, berritz amaiera gabe ura, elektrika kargak

Ez daukagu gorputzik, haragi zaurituak baizik, ubeldua, hanpatua, odoldua, arauzia

Zergatik bizia eman diguzute hau dena jasateko, zer sentsu dauka bizi honek, zer gara?

 

Ifernuko bidaia hau laster amaituko da zilo honetan utziko dugu gure azken arnasa

Gu bezala beste ainitzek jadanik hemen bakardadean bota zuten azken askatasun oihua,

Heriotza leku honetan askatasuna da nigargarria, heriotzak askatuko gaitu ifernu honetarik

Hoztu gara, lurreratu gara, arnasak isildu dira, kolpeak ere, ez dago gehiago ezer, hutsa baizik

Toi, qui hurle...

Ttotte Etxebeste —

Toi, qui hurle, que cette terre est à toi, toi qui désire fermer les frontières et emmurer ce que tu oses appeler ta patrie. Toi, qui le soir venu, te barricade, laissant dehors ceux qui ne te ressemblent pas. Toi, qui écoute ceux qui appellent à la haine, ceux qui te font croire que cet étranger est un danger pour toi, pour ta civilisation, alors qu’il est bien plus proche de toi, de ta vie, que les marchants de haine dans leurs salons.

Dis-moi,-toi, que ferais-tu, si on détruisait ta vie, si on la bombardait d’obus et de haine ? Dis-moi,-toi, que ferais-tu, si, en un éclair, ta vie basculait entre chao et larmes. Dis-moi que ferais-tu, si la faim hurlait dans ton ventre, si ton avenir n’était que l’absurdité de la guerre et de la famine ? N’aurais-tu pas toi aussi cette envie de fuir cette terre qui pourtant t’a vu naitre, fuir en abandonnant ton passé pour l’inconnu ? N’aurais-tu pas cet instinct de survie ? Partir, fuir, vers un ailleurs où la misère serait peut être moins cruelle. Ne traverserais-tu pas le désert, et ne prendrais-tu pas un radeau de misère pour traverser l’océan, au risque d’y laisser ta vie sachant qu’elle ne vaut plus grand-chose ?

Toi, qui refuse d’accueillir les errants d’aujourd’hui, n’aurais-tu pas oublié que l’homme, depuis la nuit des temps, est un réfugié, un migrant ! La misère, la famine et la guerre n’ont eu de cesse de pousser les désespérés vers l’exil. Des familles entières ont été jetées sur les routes inconnues des Amériques ou d’ailleurs par les grandes famines d’Irlande, de Russie, du Portugal ou bien encore par celles de chez nous. Les guerres sanglantes d’Europe, elles aussi, ont mis sur les routes de l’exil, tant et tant d’hommes, de femmes et d’enfants. Pour certains, après l’exil, ce fut l’internement dans les camps comme celui de Gurs. L’aurais-tu oublié ?

Ouvre les yeux et tu verras que, derrière tes murailles, le monde est vaste et riche de beauté, que la différence n’est pas effrayante, au contraire, elle est une richesse. N’écoute pas ceux qui veulent t’enfermer dans la peur et la haine, écoute le chant de la différence multiculturelle !

Approche-toi de la nature et observe-la, elle t’apprendra que les frontières sont la folie des hommes. Les autres espèces ne connaissent pas de frontières, elles vont et viennent à leur guise, à la recherche de nourriture. Elles sont libres et nous pourrions l’être aussi si nous arrêtions de nous enfermer dans les ghettos… libère-toi !

J’aime ce monde sans trop savoir s’il tourne vraiment rond. Au cours de mes errances, de mes vagabondages, j’ai rencontré tant de couleurs, entendu tant de chants. J’ai aimé l’atmosphère et ces parfums d’ailleurs. Regarde dehors un instant, laisse tomber tes œillères, et dis-moi à qui appartiennent les montagnes, la lumière du soleil, la pluie, le vent et les océans… pas à toi, ni à moi, alors arrête de vouloir des frontières et des barbelés.

Mes certitudes sont celles que me chante mon cœur. Je suis né ici, sur cette terre basque, comme j’aurais pu naitre ailleurs. Je me sens profondément basque, pourtant cette terre ne m’appartient pas. Je suis ici locataire. Je sais qu’elle peut accueillir bien d’autres que nous et leur rendre la vie moins pénible.

Toi qui refuse d’accueillir des plus miséreux que toi, écoute encore ceci : une maison aux fenêtres fermées, aux portes emmurées, ne respire pas, ne vit pas, elle moisit de l’intérieur et lentement se meurt. Une table vide est triste alors qu’une table aux milles convives est plus gaie, plus riche.

Moi j’aime avoir les fenêtres et les portes grandes ouvertes, et avoir à ma table tant d’amis d’ici et d’ailleurs. Toi aussi, ouvre ton cœur aux autres et tu verras que ce monde sera plus beau !

<< < 10 11 12 13 > >>