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Histoires courtes

Histoires courtes

Bidaia poetikoa

Un matin d'ivresse

Ttotte Etxebeste —

C’était je ne sais plus où, ni quand, ce que je sais, c’est que j’avais du sommeil en retard, comme une sorte de décalage horaire. J’étais en pleine discussion à deux balles avec un échoué de la nuit comme moi, il était aussi gris, et aussi noir que moi, et notre différent sur la beauté éventuelle de la campagne et de la ville s’éternisait lourdement. Ce qui me poussa à lui rétorquer « Si vous n’aimez pas la mer… Si vous n’aimez pas la montagne… Si vous n’aimez pas la ville… Allez-vous faire foutre ! » Non mais avons-nous dans l’idée de ne pas aimer la mer, la ville et la montagne ? Cet abruti me regarda interloqué. Apres un moment de silence, se reprenant, il me balança a la gueule, moi « Quand j’écoute du Wagner, ca me donne envie d’envahir la Pologne. » Dans ce petit matin gris intérieur, encore imprégné des vapeurs de l’alcool de la nuit je ne vis pas la relation avec notre histoire de mer et de montagne ! Il commençait à me gonfler celui là, je devais lui clouer le bec sans tarder, écoute mon gars, je vais te dire un truc « Je n’ai aucune confiance en quelqu’un qui porte à la fois une ceinture et des bretelles… en quelqu’un qui doute de son pantalon » Je tournais les talons et pris le trottoir d’en face. Ça ne faisait pas cinq minutes que je déambulais voulant sortir l’autre abruti avec son Wagner et sa Pologne de ma tête. Qu’une demie blonde décolorée aux rimmels coulant m’aborda ! Bordel ! Impossible d’être tranquille ce matin ! Elle s’agrippa à moi comme une furie en hurlant « Tu m’as dit “Je t’aime”, je t’ai dit “Attends”. J’allais dire “Prends-moi”, tu m’as dit “Va-t-en” ? » Cette fin de nuit finissait vraiment d’une sale manière. Putain comme elle puait l’alcool. Recouvrant non sans peine mes esprits, je luis dis : écoute chérie, cette nuit « J’ai observé un escargot qui rampait le long d’un rasoir… C’est mon rêve… C’est mon cauchemar… Ramper, glisser le long du fil de la lame du rasoir, et survivre » « Crois-moi, je ne suis pas méchant. J’ai juste un côté obscur un peu prononcé. » Elle fit un ce ces demi tour foudroyant que cette conne se niqua le talon de sa godasse sur le trottoir et se vautra parterre. Et merde pourquoi je ne suis pas rester dans mon lit hier soir ! Je la relevais elle pesait son poids

« - Ecoute, ma bonne Suzanne, t’es une épouse modèle.

- Mof !

- Mais si, t’as que des qualités. Et physiquement, t’es restée comme je pouvais l’espérer. C’est le bonheur rangé dans une armoire. Et tu vois, même si c’était à refaire, eh bien je crois que je t’épouserais de nouveau. Mais tu m’emmerdes.

- Tu m’emmerdes gentiment, affectueusement, avec amour ! Mais tu m’emmerdes ! »

Elle pleurait tout son soûl et dans une voix larmoyante elle me dit «Quand on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner» et tu vas tourner longtemps ! Il fallait que j’abrège cette scène pathétique d’un petit matin blafard ! Ecoute chérie arrête de pleurer tu le sais bien « On est tous en visite. On débarque, on fait un peu de tourisme, et puis on repart. Tu crois sincèrement que ça vaut la peine d’enlever son manteau ? Pour quoi faire ? Attraper la crève, prématurément ? » Je l’invitai à prendre un taxi et à rentrer, elle monta en boitant et oui elle avait niqué le talon de sa godasse.

 

J’avais besoin de prendre l’air de trainer encore un peu, peut être que je trouverai un bar ouvert ? Je regardais s’éloigner le taxi dans la brume de la ville. Enfin seul. Cette fille était infernale et à chaque fois que j’étais bourré j’oubliais qu’elle était ma femme. J’ai toujours été garnie, mais elle, elle était forte, j’ai pourtant de l’expérience « Je suis ancien combattant, militant socialiste et bistrot. C'est dire si, dans ma vie, j'en ai entendu, des conneries. » Mais parfois j’ai des envies de meurtre « La flinguer, comme ça, de sang froid, sans être tout à fait de l'assassinat» Tout compte fait l’assassinat n’était pas une bonne idée « Dans la vie, il faut toujours être gentil avec les femmes même avec la sienne» et puis « Il vaut mieux s'en aller la tête basse que les pieds devant. »

 

Bon je rentre dormir et remettre mes idées et mes répliques en place.

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